NOUVELLE GEOGRAPHIE UNIVERSELLE.
Telierkesses, nom général sons lequel on comprend Ions les immigrantsd'origine caucasienne, et certes ces étrangers ne sont pas de ceux aveclesquels les Grecs trouvent l’association facile. Il eût été naturel d’étalilirces montagnards dans mie contrée peu différente de celle qu’ils avaientquittée; les liantes vallées des montagnes politiques, du Ta unis cil icien, del’Ak dagli de Lycie , ce sont là des régions qui leur eussent convenu pour leclimat et les produits : ils s’y seraient trouvés mieux que dans la plaine etse seraient fait moins d’ennemis: mais le gouvernement turc, craignantqu’ils 11e se rendissent trop indépendants, les a cantonnés en groupesépars. Installés pour la plupart sur des terres dont il avait fallu priverleurs voisins, Hellènes ou Turcs, pensionnés même aux frais des communesenvironnantes, les Telierkesses furent accueillis comme des spoliateurs etbien peu prirent à tâche de se faire pardonner leur intrusion. Ignorant leslangues du pays, dédaignant de les apprendre, toujours fiers et silencieux,les nouveau-venus n’avaient pas tous abdiqué leurs mœurs de pillards enarrivant dans le pays qui leur donnait hospitalité. Les vols de chevaux,même ceux de jeunes filles, coïncidèrent avec leur venue et les soupçonsse portèrent aussitôt sur eux. « Le Tcherkesse vole même le pauvre! » telest le cri général en Asie Mineure. Tous se liguèrent contre eux. La guerreéclata contre les étrangers, surtout dans les villages grecs, dont les plaintesn'avaient pas les mêmes chances d’être écoutées que celles des Turcs. Enmaints districts, la loi du sang règne entre les communautés limitrophes.Quand un Tcherkesse s’égare dans les limites des terres ennemies, il dis-paraît soudain, sans que personne [misse ou veuille donner d’explications.Les immigrants du Caucase, étant en minorité, ont dû en plusieurs endroitsabandonner une lutte inégale et chercher un refuge dans une contréemoins populeuse; ailleurs, notamment [très de Micoinédic, ils ont expulséleurs voisins. Toutefois il ne manque pas de villages telierkesses dontles habitants, suffisamment pourvus de terres et de bétail, vivent en paixavec leurs voisins, et s’accommodent graduellement au milieu nouveau.Dans la liante vallée du Méandre, quelques colonies caucasiennes pour-raient servir d’exemple aux Turcs des alentours pour la bonne culture deschamps et l’entretien des canaux d’irrigation. Les Abkhases sont ceux des-quels les natifs ont le moins à se plaindre.
Jadis le commerce de l’Asie Mineure appartenait en grande partie auxétrangers, presque tous catholiques latins, établis à Smyrne et autres portsdu littoral : on les comprend sous le nom collectif de Levantins . Avant leréveil de la nationalité grecque, ils étaient les seuls intermédiaires entreles Turcs de l’Anatolie et les ports de l’Occident ; mais l’activité croissante