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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

des objets de commerce. On peut dire que le grossier assemblage de motsdit langue franque n’existe plus; il est déjà remplacé par un patois ita-lien et par le français . Un autre jargon levantin est en voie de dispari-tion : le spaniole, ce dialecte qu’emploient les descendants des Juifs chassésd’Espagne , en le mêlant de termes hébraïques, et que les Castillans necomprendraient qu’avec peine. Peu à peu l’éducation substitue les languespolicées aux parlers informes. C’est avec un joyeux étonnement que leFrançais débarquant à Smyrne entend partout résonner sa langue, queles gens instruits ont adoptée comme leur idiome commun et qu’ils pro-noncent. d’ailleurs avec une remarquable pureté. C’est le français littérairequi, pour les Arméniens et les Juifs, aussi bien que pour les Crées et lesLevantins, est devenu la « langue franque » de nos jours.

Le relief même du sol a groupé sur le littoral les populations les plusnombreuses; à mesure qu’on s’éloigne des côtes, les habitants se font plusrares et l’on finit par traverse]’ de véritables déserts. Les villes, les villagespopuleux se trouvent en très grande majorité dans le voisinage de la mer;comme dans la péninsule Ibérique , avec laquelle l’Asie Mineure offre tantde ressemblance, la densité de population diminue du pourtour vers l’in-térieur. Cependant les hauts plateaux de l’Anatolie ont, comme ceux del’Espagne , un certain nombre de villes importantes, étapes forcées du com-merce qui se, fait d’un littoral à l’autre. La ligne de faîte entre le versantde la mer Noire et celui de la mer de Chypre est à peu près exactement lalimite entre deux styles d’architecture : au nord sont des toits inclinés re-couverts de tuiles; au sud, des terrasses en argile battue ou en cailloulis,quelles que soient d’ailleurs les conditions du climat 1 .

A l’ouest du promontoire de Jason, considéré comme la limite orientaledes côtes pontiques de l’Asie Mineure, la première ville du riche pays deDjanik est le port d’Ounieh, ayant quelque importance par ses chantiers deconstruction et par scs carrières, d’où l’on extrait des dalles calcaires rougeset blanches, expédiées à d’autres cités du littoral; les roches excavées parles carriers renferment des bancs d’un jaspe ondulé qui prend un trèsbeau poli : c’est là, pense Hamillon, que Mithridatc faisait tailler cesvases de jaspe qu’il aimait à montrer à ses hôtes. Les collines calcairesde l’intérieur sont recouvertes d’une argile jaunâtre dans laquelle se trou-vent des nodules de pierre ferrugineuse, d’une assez faible teneur en métal.

1 Von Moltke , Das nôrdliche Vorland Klein-Asiens.