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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
renferme une église d’où l’on peut monter, de galerie en galerie, presquejusqu’aux créneaux naturels de la crête.
Sur le versant septentrional de la vallée du Ivizîl irmak, de même quesur le versant du sud, les villes s’éloignent de la profonde dépression danslaquelle coule le fleuve. Madjour, Kir eliclir sont bâties l’une et l’autre endes vallées latérales. Une partie de la contrée est, sinon déserte, du moinssans résidents lixes : on n’y voit guère que les tentes des Turcomans ou desKourdes. Quant aux villages permanents, ils sont formés de maisons quel’on distingue «à peine du sol, enterrées aux trois quarts pour que leurshabitants aient moins à souffrir des chaleurs de l’été et des froidures del’hiver; souvent les voyageurs, ne reconnaissant pas la rue, passent à che-val sur les terrasses, à côté des moutons et des chèvres qui en broutent legazon'. Ce style d’architecture s’explique par la hauteur des plateaux, quiont en moyenne plus de 1200 mètres d’allitude.
A l’endroit où le Ivizîl irmak, décrivant sa grande courbe semi-circulaire,cesse de couler vers le nord et prend sa direction définitive vers le nord-est,une petite ville, Kalehdjik ou le « Châtelet », située sur la rive gauche,commande le passage, sur la route d’Angora à Sivas par Yuzgat. Une for-teresse à demi ruinée domine un pic abrupt et pointu, qu’entoure un cerclede maisons. Un pont de bois traverse l’un des bras du ileuve, puis le che-min se continue par un gué vers la berge orientale. Un peu plus considé-rable que Kalehdjik, Yuzgat est située presque au centre géométrique de lacourbe décrite de Sivas à la mer Noire par le Ivizîl irmak. Celte ville, d’ori-gine moderne, puisqu’elle a été fondée au milieu du dix-huitième siècle,est à l’altitude de 1792 mètres, c’est-à-dire presque à la hauteur d’Erze-roum et dans une région plus exposée au souffle glacial des vents polaires.Yuzgat ne serait probablement habitée que pendant la saison des chaleurs,et seulement par des pasteurs nomades, si elle n’avait été choisie commecentre administratif et militaire. Depuis le milieu du siècle, Yuzgat s’estenrichie par l’élève de la chèvre d’Angora, qui autrefois ne parcourait queles pâturages situés à l’ouest du Ivizil irmak 3 .
Jadis la contrée fut certainement plus populeuse qu’aujourd’hui, car ony trouve les ruines de nombreuses cités qui paraissent avoir été fort richeset où se dressaient des monuments somptueux. A moins de 40 kilomètresau nord-ouest de Yuzgat, près de Boghaz-kôi ou « Village du Défdé », sevoient les restes d’un temple de proportions magnifiques. Les roches voi-
1 G Perrot, ouvraçe ci lé
’ Fanslmve Tozer, Turkish Armenia and Eastern Asia Minor.