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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

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d’un beau temple, celui d'Auguste el de Rome , enfermé maintenant dans lesconstructions de la mosquée Iladji Bcirami ; c’est là que se trouve le précieux« monument d’Ancyre », c’est-à-dire l’inscription bilingue dans laquelleAuguste , à l’àge de soixante-seize ans, raconte son règne, énumère sesactions, ses conquêtes, les édifices qu’il a construits : c’est en 1861 seule-ment que le texte latin et la traduction grecque de l’inscription ont été defi-nitivement transcrits avec toute l’exactitude que demandait un documenthistorique de cette importance*. Les murailles et les portes d’Angora sonten grande partie construites de débris d’édifices romains, temples, colon-nades, amphithéâtres. Un lion d’ifn beau style est encastré dans une fon-taine turque , presque aux portes d’Angora, et à une journée de marche ausud-ouest, dans un défdé des vastes plateaux de ITIaïmauch. MM. Perrotet Guillaume ont découvert un précieux monument hittite, représentantdeux grandes figures coiffées d’une tiare et la main droite étendue versl’Occident . Au-dessus de ces sculptures se dressent les murs cyclopécnsd’une forteresse, appelée Gliiaour-kalch par les indigènes.

Près d’un tiers de la population d’Angora se compose d’Arméniens unis,qui ont oublié leur langue et parlent toujours turc , si ce n’est au sémi-naire, tandis qu’à l’ouest le bourg d’Istanos, situé sur l’emplacement dela ville où Alexandre trancha le nœud gordien, a conservé l’ancien idiome.Les Arméniens d’Angora se distinguent de ceux de Constantinople par uneplus grande cordialité, par une humeur plus loquace et plus gaie, par moinsde réserve dans les relations avec les étrangers. Le type diffère aussi : dansla capitale de la Galafie la plupart des Arméniennes n’ont pas ce teint brunces traits un peu grossiers, ce visage trop arrondi que l’on remarque d’or-dinaire chez les femmes haïkanes de la Turquie ; un grand nombre ont lescheveux blonds, les yeux bleus, la figure ovale, la physionomie des Occiden-taux, type que l’on retrouve d’ailleurs fréquemment dans la Paphlagonie 5 .M. Perrot sc demande s’il ne faut pas voir dans les Arméniens d’Angoraune race mêlée descendant en partie des Galates, les « Français d’autre-fois », comme disent les Arméniens. De même les musulmans de la Ga-latic, qui passent pour les plus doux et les plus sociables de l’Anatolie ,auraient une faible part de sang gaulois dans les veines 3 . Toutefois il y adix-huit siècles au moins que l’élément celtique s’est fondu définitivementdans la population d’Ancyre : on répète souvent, d’après saint Jérôme, que

1 Perrot, Guillaume et Delbet, Exploration archéologique de la Galatie .

s Strabon, livre XI, chap. m, 9; —Vivien de Saint-Martin , Description historique et géographiquede l'Asie Mineure.

5 Perrot, Souvenirs d’un voyage en Asie Mineure