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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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ANGORA, KIUTAYEH. 57ô

dans son temps, c’est-à-dire au quatrième siècle de l’ère chrétienne, lalangue parlée par les Aneyricns était la même que celle des Trévires ; maisdepuis trois siècles déjà les noms grecs s’étaient substitués dans le paysaux noms galates, preuve que l’idiome gaulois avait disparu à celte époque;on n’a retrouvé dans le territoire galate aucune inscription celtique, aucunmonument qui rappelât à aucun titre la lointaine patrie occidentale 1 . LesArméniens d'Angora s’adonnent presque tous au trafic de détail. Le com-merce d’exportation appartenait au siècle dernier à des négociants anglais ,hollandais et français ; leur place a été prise par des négociants grecs im-migrés de Kaisariéh, qui achètent et expédient en Angleterre le poil deschèvres d’Angora, cette laine presque aussi fine cl soyeuse que le paclnndes chèvres de Kachcmir; c’est en vain que, vers le milieu du siècle, legouvernement turc en concéda le monopole à des coreligionnaires : parla force des choses il est revenu aux Grecs. Ils expédient aussi d’autresdenrées, surtout de la cire et du tehekeri (rhamnus alaternm), haie jaunequi teint les étoffes en une belle couleur verte. Deux fois par an, les négo-ciants quittent leurs comptoirs pour aller séjourner dans leurs vignes; ilsy montent en avril ou en mai, puis redescendent pendant les grandeschaleurs, et reprennent la roule de leur maison de campagne pour les ven-danges : il n’est si pauvre résident d’Angora qui ne possède son mazet.

La branche occidentale du Sakaria, le Poursak ou Poursadou, l’emportesur la rivière d'Angora par la longueur du cours, l’abondance des eaux,le, peuplement du bassin. La principale ville de sa haute vallée, Kiutayeh,rivalise avec Angora pour le nombre des habitants et jouit de plus grandsavantages commerciaux, grâce à la proximité de Brousse et de Constanti-nople . et à sa situation sur la ligne maîtresse de trafic qui coupe transver-salement l’Asie Mineure. Située à 930 mètres d’altitude, dans une plainefertile qui paraît avoir été un ancien lac, Kiutayeh est dominée, commetoutes les citésanatoliennes, par une haute forteresse, d’origine byzantine ;c’est l’une des mieux entretenues et qui ressemblent le plus à une citadellemoderne; on y voit un jardin dit « des Français », tout rempli d’amandiersque plantèrent des prisonniers de l’armée d’Egypte . Il n’est point resté deruines de l’antique Cotyæum, dont le nom s’est maintenu sous la formeturque de Kiutayeh. Comme la contrée d’Ouskoub et de. Kev clichr, à l’ouestde l’Argée, la haute vallée du Poursak est remplie de tuf et de pierresponces que les érosions ont découpés en huttes coniques, disposées enquelques endroits avec une régularité presque symétrique : dès la plus

1 I'errot, Revue celtique, I, p. 179; — Mémoires il'Archéologie el d’Histoire.