Band 
Livre IX. L'Asie Antérieure.
Seite
583
JPEG-Download
 

ISMID.

585

scrvatoire d’où se voit le panorama le plus grandiose de Constantinople ,du Bosphore et de la Propontide .

Au sud-est de Scutari , la chaîne des faubourgs se continue par d’énormescasernes et par des cimetières jusqu’au promontoire qui porte Kadi-koï oule « àillage du Juge », l’ancienne Chalcédoine . Là l’invasion européennea commencé, transformant graduellement l’aspect de la ville : la popula-tion résidente se compose surtout de Grecs; des centaines de négociants con-stanlinopolitains, surtout des Anglais , ont leurs maisons sous les ombragesde Kadi-koï; pendant le jour, des bateaux à vapeur vont et viennent inces-samment entre la capitale et son faubourg asiatique. Les avenues boisées dupromontoire qui s’avance au sud limitant un port naturel, le voisinage del’archipel des Princes, où chaque jour de fête amène des milliers de visi-teurs, la splendeur du pays qui se déroule de l’entrée du Bosphore et de laPointe du Sérail aux côtes lointaines de la mer de Marmara, enfin l’abrique la colline de Scutari présente contre les vents du nord et du nord-est,contribuent à augmenter d’année en année la colonie européenne. Dans laplaine qui sépare Kadi-koï du grand cimetière de Scutari se rassemblaientjadis les armées du padichah pour ses expéditions d’Asie ; là se trouvemaintenant, à côté de « la plus grande caserne du monde», la gare dellaïder Pacha, point de départ du chemin de fer qui longe au nord legolfe d’ismid et qui doit se continuer un jour jusqu’en Syrie , en Babylo-nie et dans les Indes . Elle touche aux petits ports de Mal-lepeh, Kortal,Pendik, d’où l’on expédie les primeurs à Constantinople . En face, sur larive opposée du golfe, Karamoussal envoie les premières cerises. Le che-min de fer passe à Ghabize (Ghybissa), où mourut llannihal :un monticuleombragé de trois cyprès garde, dit-on, les cendres du grand capitaine.

Ismid ou Iskimid, l’ancienne Nieomédic, que bâtit un « lîls de Neptune»,et dont Dioclétien voulait faire la capitale de l’empire, est admirablementsituée à l’extrémité orientale du golfe de ce nom, sur les Lerrasses avan-cées d’une liante colline exposée au midi et découpée à sa base par des ra-vins où des groupes de maisons multicolores se montrent à travers lefeuillage, line acropole à fondations helléniques du plus beau travail, quiporte des tours romaines et byzantines, ainsi qu’un kiosque impérial mo-derne, domine la cité, les chantiers et le port, où de petits bâtimentsviennent charger du bois et des céréales. Nicomédie peut être considéréegéographiquement comme le véritable port du fleuve Sakaria , dont elleest séparée par un seuil peu élevé, à l’ouest du lac de Sabandja; il estétonnant qu’une ville aussi heureusement située comme point de con-vergence des roules de l’intérieur et comme lieu d’expédition maritime