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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

près d’Afioum Kara liissar, à la future ligue maîtresse de l’Asie Anté-rieure, est actuellement Alaclielir, connue à l’époque hellénique et ro-maine sous le nom de Philadelphie , dû à son fondateur, Philadelphos,de la dynastie des Attalc. Jadis cité considérable, Air.ciieh? occupe dansla plaine du Cogamus ou Sari kiz-tchaï, affluent du Ghediz, la hase d’uncontrefort du Tmolus ou Poz dagh; la terrasse est couverte de jardins etd'omhrages, la plaine est un vaste champ où se ramifient à l’inlini les ca-naux d’irrigation. Philadelphie fut une « petite Athènes » par ses monu-ments et par ses fêtes; quoique les tremblements de terre, très fréquentsdans cette région de la Kalakekaumène, l’aient souvent bouleversée, ou yvoit les restes de plusieurs temples, d’un stade, d’un théâtre et de deuxenceintes, celles de l’acropole et de la cité. Philadelphie fut, au temps deJean l’Apocalyptiquc, l’une des « sept églises » fameuses ; mais, malgrétoutes les recherches, on n’a point trouvé de débris qui se rapportent àcette première période du christianisme 1 . Philadelphie , la dernière villede l’Asie Mineure conquise par les Ottomans 2 , ne succomba qu’en 1590.De nos jours, elle croit rapidement en activité commerciale; la commu-nauté grecque, qui se composait naguère d’un millier d’individus,augmente avec le trafic et l’industrie.

Sardes ou Sart, l’ancienne capitale de la Lydie , n’est actuellement qu’unestation de chemin de fer, entourée d’humbles hamrars et de deux ou troiscabanes; on y traverse sur une planche le fameux Pactole, étroit ruisseauqui coule au milieu des prairies; les contreforts qui dominent la vallée sonten entier composés de conglomérai et de terre rouge, que ravine la moindrepluie, partout ou les radicelles entremêlées des plantes ne forment pas untapis imperméable. Déchiquetées par les érosions, taillées en pyramides,en obélisques, en châteaux forts, les collines de Sardes ont un aspect bizarreet charmant, grâce au contraste de la verdure et des escarpements rou-geâtres ; c’est dans les débris entraînés de ces parois que se trouvent cesparcelles d’or qui ont servi à frapper les premières monnaies 3 et qui ontfait du nom de Pactole un synonyme de trésor inépuisable, mais il n’estplus de berger, turc ou grec, qui se donne la peine de laver les sables duruisseau. Les terres, éboulées des collines ou portées par les eaux courantes,ont recouvert une grande parLic de la ville antique, située entre la chaînede lioz dagh et la colline de l’acropole; cependant on y voit encore lesrestes d’édifices. La plus belle ruine, celle d’un temple de Cyhèle, — peut-

1 Ilumann; Ernst Curtius, Abhandlunyen (1er Akademie der Wissenschaften zu Berlin , 1872.

2 Fellows, Tratels an l Researclies in Asia Minor .

5 Andrée, Ethnograjihisclie Parallalen.