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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

population se double de mars en novembre; plus à l’est se montrentlladjilar, entourée d’oliviers, et Bounar baebi, ou « Tète de l’Eau », quidoit son nom à ses fontaines abondantes; le chemin de fer qui, les joursde fêle, amène la foule dans les jardins de Bournabat, doit se continuer jus-qu’au pied du col de Myinphi. Sur une terrasse du Tmolus, Kakloudja(Ivoukloudja) domine le panorama de la baie. De l’autre côté du golfe, enface de la cité, le bourg grandissant de Cordclio, composé de villas appar-tenant à la petite bourgeoisie, communique incessamment avec Smyrnc pardes bateaux à vapeur. Enfin le bourg de Ivara tacli, où se trouve un grandlycée, et les maisons de campagne de Goz-tepe continuent la ville au sud-ouest, le long de la côte méridionale du golfe; les pentes des collines,naguère vastes pâtis, sont déjà découpées de figures géométriques tracéespar les murs des enclos.

Mais dans cette région smyrniote où les nouvelles villes naissent autourde la grande cité commerçante, où s'élevait la Smyrnc grecque? Quel est lelleuve Mêlés au bord duquel naquit Homère ? Telle est la question quediscutent les archéologues et sur laquelle ils sont encore loin de s’ètremis d’accord. Les anciennes traditions ayant placé le Mêlés sous les mursde Smyrnc, et cette ville s’étant déplacée plusieurs fois, le nom de la rivièrea toujours été transféré au cours d’eau de la cité nouvelle 1 * . La plupart desvoyageurs, acceptant la tradition populaire, voient le Mêlés dans le ruisseauqui passe sous le pont des Caravanes et visitent religieusement près de l’a-queduc une excavation que l’on dit être la « grotte d’Homère »; d’autresexplorateurs croient que le vrai Mêlés débouche dans l’angle nord-orientalde la rade de Smyrnc; les ruines du « tombeau de Tantale », les caveauxfunéraires, la haute acropole qui couronne, les escarpements voisins au-raient appartenu à l’ancienne cité 5 , et les restes du port se verraient encoredans un petit lac et des marais qui communiquaient jadis avec la mer;enfin, d’autres archéologues, contemplant la belle source, dite Kara bounar,la « Moire Fontaine » ou, plus communément, «bain de Diane », assurent•pie cette eau pure, s’étalant en nappe au milieu des herbes frémissantes etdescendant à la mer d’un flot toujours égal, est bien le Mêlés « à l’eau lim-pide et plein de joncs épais » que décrivent les auteurs anciens 3 . Que desources sont ainsi qualifiées de « fleuves », litre plus mérité par une eau

1 .Miehaïul et Poujouhit, Correspondance iTOrient.

A. von Prokesch, Denhcürdigkeilen und Erinnerungen ans dem Orient ; — E, Cnrtius, Abhand-lunijen der Akadcmie der Wissenschaften zu Berlin , 1872; — G. Weber, Le Sipylos et sesLIonuments.

3 Bonaventure Sluars, Étude sur Snnjrne.