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mie vertu particulière, qui dispenserait de se nourrir comme partoutailleurs
Descendants de colons venus de tout l’archipel, des côtes de l’IIelladecontinentale et de l’Anatolie après la dévastation de l’ile par les conqué-rants turcs, les Samiens contribuent à leur tour à peupler les côtes voi-sines; c'est par milliers qu’ils vont chercher fortune à Smyrnc et dans lesautres villes de l’Ionie ; parmi eux aussi se recrutent trop souvent lesbandes de brigands qui parcourent l’Anatolie : les mômes individus, paci-liques et doux au milieu des populations laborieuses de l’îlc natale, devien-nent des bandits redoutés sur la terre étrangère. On émigre aussi beaucoupde Aikaria et du rocher volcanique de Patmos , où vécut l’auteur de VApo-calypse. La dernière île a perdu près de la moitié de scs habitants depuisle milieu du siècle.
Si la belle et fertile vallée du Méandre était peuplée et cultivée comme lamontagneuse Samos, elle serait le paradis de l’Anatolie . Elle est déjà l’unede ses plus industrieuses régions : c’est de là que Smyrne importe la plusforte part des denrées agricoles et tics produits manufacturés qui alimen-tent son commerce. Dincïr, à la source du Méandre, est la porte môme desrégions du plateau et doit prochainement, comme terminus du chemin deSmyrne, devenir l’entrepôt de la Phrygie et de la Pisidie . Située sur l’undes hauts affluents du Méandre, Ouchak , entourée de champs qui donnentle meilleur opium de l’Anatolie, brode les « tapis de Smyrne »; environ4000 ouvrières, travaillant en plein air devant des cadres en bois quiportent la chaîne, sont occupées tout le jour à compter, à nouer, àégaliser les fds de la trame. La production s’accroît d’année en année, etreprésente une valeur moyenne de deux millions, payée par les impor-tateurs d’Angleterre, de France et des États-Unis; des négociants français ont leurs agents à Ouchak et font directement les avances aux entre-preneurs, qui payent aux ouvrières 4 à 5 francs par semaine 2 . C’est éga-lement par des payements anticipés, très inférieurs à la valeur marchandedes étoffes, que les négociants de Smyrne achètent les cotonnades, ditesalajas, que tissent les femmes du bourg musulman de Kadi-koï, dans lebassin du Lycus, entre Saraï-koï et Denizli . On y compte un millier de mé-tiers. Pour accroître leurs revenus par le nombre des ouvrières, les Turcs
1 Valeur des échanges de Patmos en 1870 :
Importation . 15 TOI 518 francs
Ensemble. 28 006 000 francs.
Mouvement maritime : 5 150 navires, jaugeant 77 Cl i tonnes.