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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

CAO

fille du pays est promise par le père au jeune homme le plus audacieuxet la foule s’assemble pour assister et juger les plongeurs 1 * .

llhodes, la « terre des Roses », ou plutôt des « Grenades »\ ainsi qu’entémoignent d’anciennes monnaies, est l'une des plus grandes îles del’Archipel anatolien. A certains égards elle occupe une position privilégiée :abritée des vents du nord-est par les montagnes de la Lycie , ne subissantpoint le vent du nord, qui, par l’appel des foyers de chaleur d’Egypte et deSyrie , se change pour elle en vent de nord-ouest 3 4 , rafraîchie en été par lesbrises marines, elle jouit d’un climat plus égal que les autres Sporades asia-tiques et ses vallons 11e sont pas moins fertiles que ceux de Chio et de Myti-lini : c’est à Rhodes , mieux qu’à toute autre île de l’archipel, que s'appli-que le mot d’Hippocrate : « On n’y connaît guère de différence de chaleuret de froidure; les deux températures se fondent l’une dans l’autre. » Rho-des est l’tcépouse du Soleil», le « séjour des Iléliades », parce qu’il n’estpas un jour de l’année où le rayon lumineux ne perce les nues; « les ar-bres n’y sont jamais sans feuillage, ni les jours sans soleil. » Située àl’angle même de la Péninsule, Rhodes occupe un centre de convergencesur les routes de la mer, cl dans l’antiquité, alors que les navires sehasardaient rarement loin des côtes, elle était l’escale nécessaire desHottes de commerce qui, arrivées à l’angle du continent, avaient à chan-ger de route. Ainsi s’explique l’importance des échanges qui se faisaientautrefois dans la cité de Rhodes, « à laquelle, dit Strabon , nulle nepouvait être égalée ». Au troisième et au deuxième siècle de l’ère an-cienne, les Rhodicns étaient « les premiers marins du monde »; héritiersdes Phéniciens , qui avaient eu des colonies dans leur île, ils établirentcomme eux des comptoirs jusque dans l’ibérie lointaine, et la ville deRosas , les montagnes de Roda rappellent encore leurs visites aux pro-montoires pyrénéens. Ils faisaient un très grand commerce avec Sinopc,qui leur fournissait du blé de Crimée , des esclaves, des poissons « péla-mides » ou sterlets, et leur politique recherchait toujours l’amitié deByzance pour s’assurer le passage du Bosphore*. La position de Rhodes luidonnait aussi une valeur stratégique de premier ordre, et les chevaliersde Saint-Jean, expulsés de la terre ferme, firent preuve de sagacité en éta-blissant leur forteresse principale sur la pointe avancée de Pile, semblableà une proue de vaisseau heurtant le rivage; là ils balancèrent pendant

1 Van Egmont and Iteyinan, Travels; — Schubert , Rcisen in das Morgenland.

- V. Guérin , Ile de Rhodes.

r ’ Ross, Reisen in den griechischen Inseln.

4 E. Desjardins, yoles manuscrites.