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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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MERSINA, TARSE.

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commerce, entre la Syrie et l’Asie Mineure, par les portes de Cilieie dontelle gardait l’entrée. Aux temps de César et d’Auguste , elle était la rivaled’Alexandrie , qu’elle regardait par-dessus la mer. Ses écoles étaient consi-dérées comme les meilleures du monde, comme supérieures même à cellesd’Athènes, et ses philosophes allaient porter leur science dans l’Occident 1 * .I.a ville était devenue très riche et somptueuse, Marc Antoine en lit la capi-tale de son empire asiatique : c’est là qu’il épousa Cléopâtre ; Julien fut ense-veli à Tarse. Mais les guerres ruinèrent la cité, la rivière qui la traversaits’éloigna vers l’est et cessa de porter des embarcations, le port sc combla,Tarse resta perdue dans les terres. On n’y voit même plus aucun vestigede son ancienne gloire; à peine quelques fragments antiques résonnentsous la pioche; l’éditiec le plus curieux est une mosquée que la traditiondit avoir été bâtie à l’endroit précis où naquit Paul, « l’apôtre des Gentils ».Aon loin des murailles on a découvert un énorme dépôt de terres cuites,représentant surtout des ligurines votives : là se trouvait probablementune fabrique de ces objets de sainteté*. Après la Mecque et Jérusalem , undes principaux lieux de pèlerinage des musulmans est une grotte îles envi-rons de Tarse, une de ces nombreuses cavernes où la légende place leséjour des « Sept Dormants » 3 .

En été, la ville devient insalubre et ies habitants aisés s’enfuient dansles vallons du Boulgar-dagb, aux bains d’Iehmeh, à lvozneh, à Aemroun, àGulek-bazar, près des Portes Cilieiennes. Ce qui fait la beauté de Tarse estson vaste jardin, verdoyante ceinture, d’où l’on entrevoit des arcades bri-sées, des piles chancelantes, débris d’un aqueduc romain; mais toutes cesruines paraissent mesquines, quand, au détour d’un sentier ombragé, onse trouve en présence de l’énorme Punuk-lach, ou « Pierre Tombée ». Cevaste quadrangle de maçonnerie, vide à l’intérieur, a Pair d’un gigan-tesque bloc. Vu des bords du Cydnus, à travers le branchage des cyprès etdes arbres fruitiers, le Tacli ressemble à une falaise de grès : on diraitune œuvre de la nature, comme il s’en rencontre souvent dans les paysbouleversés par les agents géologiques. Cet étrange éditice, évidemmenttrès antique, a près de 00 mètres en longueur, sans compter les construc-tions accessoires; sa largeur est de 42 mètres et sa hauteur de S mètresenviron; les plaques de marbre blanc qui revêtaient les murailles sontéparses sur le sol. Ainsi que des médailles la représentent, la puissantemasse aurait servi de piédestal à une statue de monarque portant l’arc et

1 Jleuzev. Académie des Inscriptions et Ilelles-lellres, 7 juillet 1876.

- Léou Ileuzev; — llun-khanlt Hacker, Lares and Penales .

3 V. Langlois, ouvrage cité.