NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
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mour s’élève à quelque distance des ruines, à l'embouchure d’un tor-rent. Plus loin, la crique de Tchalindrch, la Celenderis des anciens, estle port d’embarquement ordinaire pour Pile de Cypre. Ouant à la rochedu Port Provençal, fortifiée jadis par les chevaliers de Rhodes , nul nel’habite, et l’ancienne Séleucie (Selevké), à l’embouchure du Gok-sou (Ca-iycadnus), n’est plus qu’un amas de masures.
Le mouvement tles échanges a dû se reporter à l’est, sur les rivages dela Cilicie Champêtre, où vient aboutir la route diagonale de l’Asie Mineureet où des plaines et de fertiles vallées offrent une vaste zone de culture.Mersina , le port commercant de celte légion, n’était, au milieu du siècle,qu’un petit groupe de cabanes entouré de myrtes, d’où le nom qui lui futdonné; c’est actuellement une cité commerçante, dont le port, trop exposéaux vents du large, est bordé de quais et pourvu de jetées 1 * . La Aille est enpartie construite de fragments de marbre qui gisaient sur le sol, débrisd’une cité grecque. A quelques kilomètres à l’ouest, d’autres ruines indi-quent l’emplacement de la Soli des Argicns, où se parlait ce langage incor-rect qui a fait donner aux tournures vicieuses le nom de « solécismes ».Plus loin se voient les colonnades romaines de Pompeiopolis, qui menaientà un port ovale dont le quai d’enceinte est parfaitement conservé ;mais lesboues ont comblé le bassin et les dunes du littoral se prolongent en tra-vers de l’entrée. lit monument, plus curieux à certains égards, est le Deri-kli lach ou la « Pierre Debout », énorme pilier érigé peut-être avant lesâges historiques : d’après Langlois, ce bloc, usé à la base par les cha-meaux qui viennent s’y frotter, a lu mètres de hauteur, et son volume estde 120 mètres cubes 1 ; il pèse au moins 300 tonnes et peut se comparer auxplus puissants mégalithes de la Bretagne . Serait-ce un menhir ou plutôt unde ces piliers que les Phéniciens élevaient ordinairement par paires, à l’en-trée de leurs temples 3 ?
Lue excellente route moderne unit Mersina aux cités de Tarse etd’Adana .larse, située près de la rive droite du Cydnus ou Tarsous-tchaï, sur la•déclivité mourante d’un contrefort du Boulgar-dagh, est, parmi les villeslaineuses de l’Asie Mineure, une de celles qui prétendent à la plus hauteantiquité : d’après une légende orientale, le site qu’elle occupe est la pre-mière plaine qui s’assécha lors du retrait des eaux diluviales. Avant queles alluvions n’eussent comblé le port et lorsque le Cydnus était encorenavigable, Tarse était admirablement située pour devenir un centre de
1 Mouvement du port de Mersina en 1880 : M0000 tonnes.
- Victor Langlois, Voyage dans la Cilicie .
3 G. Perrot, .Votes manuscrites.