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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
la mer d’Anatolie , elle offre sur une grande partie de son parcours la formed’une muraille crénelée, et sous la domination des Lusignan cfle Servit eneffet de rempart, à la plaine de Nicosie ; toutes les brèches rpii auraient pudonner accès aux ennemis avaient été soigneusement fortifiées. La plusliante cime, consacrée de nos jours au prophète Elie , héritier du dieu so-laire, s’élève près de l’extrémité occidentale; elle dépasse 1000 mètres. Versle milieu du croissant, le sommet dominateur est couronné d’un châteaufort, le lïuf'fe vent (Buffa vento), ainsi nommé des rafales qui sifflent surles croupes, à mille mètres au-dessus du Ilot blanchissant. Le Pentodactyle,puis d’autres pics se succèdent jusqu'à la péninsule de Karpasos, que com-mande à sa racine le sommet du Kantara (054 mètres). Au delà se prolongeun petit chaînon, dont la plus haute crête fut aussi un Olympe, la moinsélevée des trois montagnes homonymes de Cypre. M. Gaudry a donné àl'ensemble des crêtes du nord l’appellation de chaîne de Cérines, d’aprèsla ville qui se trouve au pied septentrional des monts, à l’issue de la seuleroute carrossable qui les traverse; quelques hommes résolus pourraientdéfendre contre une armée le chemin qui serpente dans la gorge 1 . Encertains endroits, les promontoires s’avancent en escarpements verticauxque baigne le flot, mais presque partout les caps de file « Cornue » sontbordés d’un cordon de roches calcaires ou sablonneuses ayant en moyenneun kilomètre de largeur. Cette banquette circulaire, analogue à des forma-tions du même genre qui se voient à Rhodes, en Sicile et sur divers litto-raux de la Méditerranée , est évidemment d’origine moderne, puisque sescoquillages appartiennent à la faune maritime actuelle : ou le sol de Cypre s’est exhaussé, ou la mer s’est retirée 2 * . La « marine » de Larnaka est bâtiesur une de ces plages modernes; en dehors de la ville on distingue nette-ment le tracé de l’ancien ri vase 5 .
Le cours d’eau le jilus considérable de file naît dans la chaîne du grandOlympe, et descend au nord-est dans les campagnes d’Enlremonts pour sedéverser dans le golfe de Famagouste : c’est le Pedias ou « Fleuve de laPlaine ». Malgré sa longueur, qui dépasse 100 kilomètres, et le nombre deses affluents, le Pedias n’est point une rivière permanente; en été, sonlit est à sec, quelques flaques seulement se montrent au pied des bergesaffouillées. Cypre a quelques lacs, mais ce sont des étangs salins sansécoulement vers la mer. La plupart furent des estuaires ou des haies,que des cordons littoraux ont séparés de la Méditerranée ; telles sont les
1 L. de Mas Latrie, ouvrage cité.
2 A. Gaudry. ouvrage cité.
: De Osnoln, Cyprus ; — Thomson, Procedinga of the Geographieal Su-icly, feh. 1879.