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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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MONTAGNES ET RIVIERES DE Eïl’RE.

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salines qui bordent le littoral au sud de Larnaka, et celles de Limassol , quelimitent deux plages basses en demi-cercle rattachant à la grande île lapetite chaîne rocheuse de l’Akrotiri. Ces salines, d’où l'on extrait chaqueannée la quantité considérable de 25 à 50 mille tonnes, se trouvent alter-nativement plus hautes et plus basses que le niveau de la mer. En hiver,des ruisseaux temporaires remplissent les dépressions et lorment de véri-tables lacs, plus élevés que les eaux marines; en été, l’évaporation réduitpeu à peu les étangs, et la nappe, s’abaissant graduellement au-dessus du(lot, finit même par se dessécher, ne laissant qu’une couche de sel. Chaqueannée, les molécules salines entraînées par les eaux courantes dans lesbassins d’évaporation suffisent pour maintenir la salure normale et l’onn’a point encore observé que la production moyenne diminuât; peut-êtreaussi, comme le suppose l nger, la lente inliltralion des eaux marinesà travers les plages, quand les étangs sont presque desséchés, suffit à réta-blir la proportion du sel. Quoi qu’il en soit, les terres du littoral, mêmeloin des étangs, sont tellement salées, que les cultures y périssent lorsqued’abondantes pluies n’ont pas lessivé le sol '.

Dans l’économie agricole de Cypre, les sources pérennes qui jaillissent àla hase ou dans les vallons des montagnes sont plus appréciées que les « fleu-ves » et. mainte ville doit sa fondation au voisinage de ces eaux jaillissantes.Paplios n’eùt pas existé sans la belle source qui s’élance des roches et fuitentre les pelouses, sous les branches entrelacées. Sur le pourtour du massifde l’Olympe, qui pourtant reçoit de beaucoup la plus grande quantité deneiges et de pluies, les sources sont peu nombreuses et peu abondantes pourla plupart. Ou en conclut que les eaux tombées ne trouvent leur issue quedans le lit marin. C’est dans la chaîne de Cérines que jaillissent les plusbelles fontaines, et quelques-unes, telles les «Cinq Yeux » de Kythoka, aunord-est de Nicosie , forment des ruisseaux considérables. Toutes les sourcesde la chaîne septentrionale naissent entre 150 et 200 mètres d’altitude,au contact des calcaires et des grès; l’étroite arête qui s’élève au-dessus neforme pas une aire de réception suflisanle pour expliquer dans une contrée si pauvre en pluies l’existence de fontaines aussi abondantes. D’oùpeuvent-elles donc venir? Leurs eaux descendent-elles de l’Olympe et pas-sent-elles sous les couches superficielles de la Mesorea pour rejaillir surles pentes de la chaîne septentrionale? Ou bien, comme le disent les in-sulaires, et comme le naturaliste Unger n’est pas éloigné de le croire,ont-elles pour lieu d’origine les montagnes de la Cilicie et passent-elles

1 Samuel Baker , Cijpnis.