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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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CLIMAT KT FLORE DE CYPRE.

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les liantes vallées de l’Olympe, dont le sol conserve toujours un fond d’hu-midité : là s’élèvent les monastères dressant leurs tourelles entre les bou-quets de pins. Dans la plaine, les végétaux, privés d’humidité, deviennent sidurs et si coriaces qu’ils rendent la marche très pénible ; les animaux s’habi-tuent à sauter pour éviter la piqûre des herbes, des chardons, des plantesépineuses; aussi les chiens à hautes pattes, comme les lévriers, se font-ilsplus facilement au milieu que les autres races *. Parfois les vents transpor-tent des côtes d’Asie , par-dessus le bras de mer, des nuages de sauterelles(atauronatm cruciatus ) qui s’abattent sur les rives septentrionales et dé-vorent toutes les cultures. Vers le milieu du siècle, les Cypriotes avaientà souffrir de ce fléau une fois en moyenne tous les deux ans; ils ontappris à défendre leurs champs au moyen de fossés qu’ils bordent deplanches glissantes sur lesquelles les insectes n’ont pas de prise*. Lasauterelle de Cypre et de la Cilicie diffère de Vacridium qui ravage laSyrie et la Palestine 1 * 3 .

La flore insulaire, fort riche, comprend plus de mille espèces phané-rogames : on y retrouve presque toutes les plantes de la Crète et de l’Ar-chipel , ainsi que beaucoup d’autres appartenant au continent voisin ; quatreespèces seulement, parmi lesquelles le chêne « à feuilles d’aune », consti-tuent la flore spéciale. Les forêts manquent presque complètement d’arbresfeuillus; l’essence la plus commune est le pin de Caramanie, laricio dontla ramure dépasse en hauteur celle de tous les autres conifères. Le.cyprès, qui doit son nom à File, — de même que le cuivre ou « métal deCypre » et le cyprin ou « poisson de Cypre », —est encore à l'état sauvagedans la région orientale, où il forme quelques bosquets, mais il est menacéde disparaître, les constructeurs le préférant à tous autres bois à cause desa dureté et de son excellente odeur : ce sont les cyprès de Crète qui four-nirent le bois pour les flottes d’Alexandre sur l'Euphrate et le Tigre. D’aprèsla plupart des étymologistcs, le nom de File serait celui d’une plante, leko plier, dont les produits étaient autrefois l’objet d’un grand commerce.Mais quelle est cette plante? Une description de Pline a fait admettre géné-ralement que c’est le lawsonia ou troène, dont les feuilles macérées fournis-sent le henné; mais ce végétal n’est pas originaire de l’Europe et n’a jamaisété cultivé que dans les jardins. Kotschy pense que le koplicr était le cistuscretic-us, qui croît dans les montagnes, entre 600 et 1500 mètres; les poilsde la plante exsudent une résine odoriférante qui s’attache à la barbe des

1 Albert Gaudry , Renie des Deux Mondes, sept. 1877.

s Journal officiel de la République française , 10 sept 1875.

3 Kotschy , Die Insel Cypern.

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