FLORE, FAUNE, HABITANTS DE CYPRE.
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la « grande idée Ils vivent paisiblement, sujets iidèles des maîtresqui se sont succédé chrétiens ou musulmans. Du moins, parmi les pra-tiques qu’ils ont conservées religieusement, en est-il de gracieuses, quidatent sans aucun doute des temps où l’on adorait Aphrodite . A l’étrangerqui franchit le seuil, l’hôte présente une pomme, symbole d’amitié, etquand il s’éloigne, la fdle aînée le parfume en balançant un encensoir oùbrûlent des feuilles d’olivier et des résines odorantes.
Jadis les Maronites furent assez nombreux dans toute la région septen-trionale de Cypre. Emigrés avec les chevaliers francs, lorsque ceux-cifurent obligés de quitter la Palestine, ils fondèrent plusieurs villages surles pentes des Cérines et surtout dans la longue péninsule de Karpasos;mais, entourés de Grecs et de Turcs , la plupart ont cédé à la pression dumilieu : presque tous, en apprenant le grec, ont appris aussi les formulesorthodoxes; quelques-uns sont entrés dans le giron de l’Islam . Les seulescommunautés maronites qui subsistent, comprenant environ cinq centspersonnes, occupent le promontoire de Kormakiti, à l’extrémité occidentale de la chaîne de Cérines : on y parle encore un mauvais arabe, mais lesprêtres, venus des couvents de Damas et d’Alep , sont obligés de prêcheren grec pour se faire comprendre 2 . Quelques milliers d’esclaves nègresintroduits dans l’ile ont laissé leur descendance dans la population maho-mélane. Depuis la prise de possession de l’ile par les Anglais , d’autresimmigrants se sont mêlés à la population cypriote, Levantins de Constan-tinople et de Smyrne , Arméniens, Juifs, Occidentaux de toute nation;mais ces nouveau-venus sont pour la plupart des spéculateurs cl non pasdes colons : il ne s’agit pour eux que de prélever comme intermédiairesla plus forte part de l’argent apporté par les « milords » ; c’est ainsi qu’àla veille du traité de Berlin un banquier de Péra lit acheter d’un coup pourun million de francs une partie de Larnaka , qu’il revendit pour un prixseptuple au gouvernement et aux dignitaires anglais .
Mais l’invasion des marchands n’a pas accru la richesse; l’agriculture etl’industrie sont encore ce qu’elles étaient sous le régime turc , à l’état rudi-mentaire : à peine un dixième du sol est en culture. La production a beau-coup diminué depuis l’époque des Lusignan et des Vénitiens. La canne àsucre, jadis cultivée sur le littoral du sud, ne se voit plus que dans lesjardins; les bananiers, les dattiers, sont devenus rares; le cotonnier, quifournissait à l’exportation jusqu’à 0000 balles par an, n’en donne plus un
1 O. Perrot, mémoire cité.
- Ross, Rcisen nach Kos, Htilikarnassos, Rliodos und Cypern.