(j76
NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
millier. De même la culture de la vigne a considérablement décru depuisl’expulsion des Vénitiens, et pourtant l’ilc entière pourrait être transforméeen un immense vignoble jusqu’à l’altitude de 1200 mètres, et la qualité duvin est toujours bonne; dans certains terroirs, comme ceux de la Comman-derie, [très de Limassol, elle est exquise; c’est aux Cypriotes que les Por-tugais ont demandé les premiers ceps de vigne qui aient été [liantes àMadère 1 . De quinze à vingt-cinq mille hectolitres, telle est actuellement laproduction totale de Cypre. Tous les villages ont leur bosquet d’oliviers,dont le fruit constitue avec le pain la nourriture du paysan pendant lesjours de jeûne. Après les céréales, la vigne et l’olivier, la principale cultureest celle du caroubier, arbre précieux qui croit sur les pentes les [tinsarides; les caroubes, que l’on exportait jadis pour la nourriture du bétail,et dont Odessa achète une certaine quantité pour l’alimentation des pay-sans russes en carême, sont employées surtout dans les distilleries.L’ensemble du commerce, pour l’ilc entière, est de douze à quinze mil-lions de francs.
J.a capitale, Levkosia ou Nicosie, est fort bien située sur un léger ren-flement du sol, au milieu de la plaine de Mesorea, qu’arrose la rivièrePedias; un canal dérivé de ce cours d’eau traverse la ville. A égale distanceenviron de la baie de Morfou à l’occident, de Famagousle et de Larnaka àl’orient, Levkosia est le centre naturel des deux zones maritimes; en outre,elle communique facilement avec le littoral du nord par lagorgedeCérines.La muraille vénitienne de Nicosie , polygone régulier d’environ 5 kilo-mètres, flanqué de onze bastions, est encore parfaitement conservée,quoique des arbustes poussent entre les pierres et que des gazons fleurisrecouvrent les talus; mais l’espace qu’elle enferme n’est plus rempli demaisons, et des bouquets de dattiers s’élèvent au milieu de vastes jardins.La garnison anglaise qui surveille la cité campe au nord-ouest, sur lespentes du mont Machaera, au-dessus de la région des fièvres. En été, tousles étrangers et les indigènes aisés fuient la ville et vont respirer un air pluspur dans les hautes vallées.
Près de l’endroit où s’élevait le palais de campagne des rois Lusignan,dans une plaine accidentée, mais de nos jours presque complètement dé-pouillée de verdure, le village de Dali marque le site de l’ancien Idalium,le « lieu sacré à la déesse », — car tel est le sens du mot phénicien. —
1 G. Perrot, mémoire cité.