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A l’importance de la côte syrienne , comme lieu de passage par terre,s'ajouta, pendant le cours des siècles, la supériorité commerciale pour leséchanges par la voie de mer. Dès les commencements de l’histoire écrite,les Phéniciens apparaissent comme de grands navigateurs, et, par une illu-sion d’optique bien naturelle, on est porté à voir dans les Cananéens unpeuple de matelots allant demander au trafic étranger des ressources queleur refusait un sol trop avare. Cette idée est en désaccord avec les faits,qui nous montrent dans les Phéniciens primitifs un peuple surtoutagricole. Les campagnes de la côte et les vallées qui remontent à l’estvers le Liban étaient cette contrée de Canaan « découlant de lait et demiel », que l’on a souvent confondue avec les terres arides de la Pales-tine méridionale, et c’est même pour exporter les produits surabondantsde leur contrée que Tyriens et Sidonicns devinrent navigateurs 1 . Les plusgrands restes d’architecture qu’ils ont laissés sont des pressoirs mono-lithes à huile et à vin, des meules, des citernes, des cuves creuséesdans le roc pour conserver l’eau, l’huile ou les grains. Les débris quipermettent de reconnaître l’architecture des villes et des monuments pu-blics sont fort rares, ce qui, du reste, doit être attribué en partie à lanature géologique des roches; le calcaire de la côte syrienne, à surfacerugueuse, à texture inégale, ne se laisse point tailler comme les marbresde la Grèce : les habitations des premiers Cananéens furent des cavernes,dont les architectes imitèrent la forme quand ils surent ériger des templesmonolithes 2 . Mais, après s’être hasardés sur les mers, les Phéniciens in-ventèrent des constructions hydrauliques, pour lesquelles la nature ne leuroffrait d autres modèles que les môles de rochers et d’écueils; sur leurlongue côte presque rectiligne, manquant de golfes et de havres, battuepar une houle redoutable, ils creusèrent ou endiguèrent des ports artifi-ciels, dont il ne reste plus guère de traces aujourd’hui : des apports desable et peut-être aussi les changements du niveau ont modifié la formede l’ancien littoral. Les villes que bâtirent les Phéniciens sur la côte, Ara-dns, Byblos, Béryte, Sidon, Tyr , se succèdent à peu près à égale distanceles unes des autres, — à une journée de marche; — toutes sont placéesd’une manière uniforme sur les saillies avancées de la côte, de sorte queles bateaux peuvent, suivant la direction du vent, chercher à droite ou àgauche la haie qui leur offre le meilleur abri; les îlots, les écueils furentutilisés pour la construction de brise-lames, et les rivières furent détour-