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.NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
nées en canaux d’irrigation dans les campagnes des alentours. Après troismille années, les villes bâties par les Phéniciens sont encore les centrescommerciaux du littoral syrien ; malgré les guerres et les sièges, la popu-lation s’est toujours reportée dans ces endroits si parfaitement choisis*.
Devenus marins, les Phéniciens se liront bientôt les commissionnaires depeuples nombreux. Les riverains de l’Euphrate et du Tigre ne pouvaientcommercer avec les régions de la Méditerranée qu’en expédiant leursmarchandises aux ports syriens par les brèches des montagnes côtières, etl’Egypte elle-même, quoique baignée par la mer et pourvue d’entrées flu-viales sur tout le pourtour de son delta, eut les Phéniciens pour intermé-diaires, car le bois lui manquait pour la construction des navires, etl’importation des matériaux était plus cl i ff ici le que de nos jours. Les marinsde Tyr et de Sidon se réservaient jalousement la propriété des lbrèls decèdres qui, en fournissant les bois les plus solides et les plus résistants,leur donnaient le monopole de la grande navigation. Ils gardaient aussiavec soin le secret de leurs voyages dans les pays lointains; pour eux, le« silence était d’or», surtout auprès des (irecs, leurs rivaux en entreprises;on ignorait même d’où provenaient les objets les plus précieux, les métaux,l’ambre, l’ivoire, qu’ils vendaient aux souverains de l’Orient 8 . Mais, si dis-crets qu’ils fussent, ils n’en finirent pas moins par communiquer à leursvoisins de Syrie et de Palestine les découvertes et les idées qu’ils avaientrapportées des pays étrangers, et par leurs colonies, éparses sur tous lesrivages de la Méditerranée, ils agrandirent incessamment le cercle decivilisation dont ils étaient le centre et dans lequel ils avaient répandul’usage de l’alphabet, l’intermédiaire par excellence pour la transmissionde la pensée. De leur côté, les tribus d’Israël, quoique vivant à l’intérieur,et cherchant à se tenir à l’écart de leurs puissants voisins afin de resterindépendantes, avaient aussi, par leurs migrations forcées, contribué au mé-lange des cultures dans l’étroite région du littoral syrien, ^nus d’Egypte par les campements du désert et des vallées transjordanes, puis transportésen Babylonic et sur les pentes des plateaux iraniens, les Juifs reflètentdans leur génie ceux des peuples parmi lesquels ils ont vécu; en dépit deleur haine et de leur méfiance pour l’étranger, ils finissent par lui res-sembler quelque peu, par accepter ses idées et les mélanger aux leurs,l’uis, comme marchands voyageurs dans toutes les contrées du mondeméditerranéen, ils prennent une part de l’héritage commercial de lyr et