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de Sillon et, comme eux, ils font de leur pays le centre commun dumonde ancien. C’est ainsi que l’influence gréco-romaine s’ajoute à cellesde l’Egypte, de la Clialdée, de la Perse, de l’Arabie . Partout les populations,tenU'cs de se considérer comme ayant seules droit au nom d’hommes,s’exagèrent la grandeur de leur patrie et veulent y trouver le milieu del’univers; mais on peut dire que, dans la région comprise entre l’Euphrate et l’isthme de Suez, celte prétention à occuper le centre des terres est jus-qu’à un certain point justifiée. Là ne se trouve point, il est vrai, le milieugéométrique des (rois continents, Asie, Afrique, Europe ; toutefois nul lieude passage n’est plus important dans le monde méditerranéen que la rouledont les lieux d’étape sont Damas et Jérusalem .
On sait quel nom cette dernière ville s’est fait dans l’histoire des reli-gions : c’est vers une colline proche de la cité, vers le mont Golgolha, quese tournent les chrétiens pour y voir leur dieu crucifié. La contrée habitéejadis par les douze tribus d’Israël est leur « Terre Sainte »; Nazareth et Bethléem , le lac de Tibériade et le mont Tabor, le puits de Sicliem, lemont des Oliviers , sont à leurs yeux les lieux sacrés par excellence; ils y re-cherchent les origines de leur culte, et dans l’avenir ils y voient se dressercette « Jérusalem nouvelle » dans laquelle il n’y aura plus de souffrance.Pourtant la foi chrétienne, qui dispute au bouddhisme le premier rangpour le nombre des sectateurs, n’eut jamais qu’une faible prise dansle pays où elle cherche son origine. Jusqu’à la destruction de Jérusalem ,les habitants de la Judée convertis au nouveau culte restèrent clairsemés.Mais déjà l’hcllénisalion du pays avait commencé : les dieux de la Grèce et de Rome eurent leurs autels dans tous les temples; le polythéismetriompha dans la contrée où le dogme du « Seul Dieu » avait longtempsrégné. Le christianisme ne s’introduisit victorieusement en Syrie et enPalestine que pendant la courte période comprise entre la conquête dupouvoir politique par les chrétiens et la soudaine irruption des Arabes ,apportant une religion nouvelle'. Mais alors même que tous les lieuxsaints de la Judée étaient envahis par les moines, l’ancien paganisme,mélangé diversement, modifié par les idées et les cultes de la Grèce ,d’Alexandrie, de la Ghaldéc et de l’Iran , se manifestait par d’innombrableshérésies, dont les traditions se retrouvent de nos jours dans les régionsmontagneuses de l’Asie Antérieure. Avec l’Islam, la conversion des Syriens fut soudaine, et c’est en vain que, pendant deux siècles de guerres achar-nées, les Croisés tentèrent de les reconquérir à leur foi. Tandis que le
1 Clermout-Gauncau, La Palestine inconnue.
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