G9fi
NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
Los fameux cèdres dont l’odeur pénétrante avait fait jadis du Liban la« montagne des Parfums » croissent dans la région supérieure, à plus de"2000 mètres, près d’un col ouvert au sud du Djebel-Makmal. Les plushauts sommets de la chaîne se'dressent dans le voisinage, et les arêtes desmonts offrent en cet endroit des lignes pittoresques et grandioses. Jadis unglacier descendait des hauteurs et remplissait un cirque à l’entrée duquels’élèvent au jourd’hui les cèdres; leurs racines s’enfoncent entre les blocs dela moraine terminale. Le nombre des arbres à proportions colossales n’acessé de diminuer. Au milieu du seizième siècle, lors du voyage de ilelon,ils étaient vingt-cinq ; actuellement ceux qui méritent vraiment le titrede géants ne sont plus que cinq ; on en compte quelques centainesde dimensions moyennes. Suivant la disposition d’esprit des visiteurs,les cèdres, « monuments naturels les plus célèbres de l’univers », provo-quent l’admiration ou le désappointement; c’est ainsi que, d’après Burlon,ils ne seraient « pas dignes de ligurer dans le parc d’un modeste gentlemananglais ». D’ailleurs les troncs sont nus, tailladés et défigurés par le cou-teau des touristes; la plupart des voyageurs en emportent des morceaux ettiennent à honneur de graver noms ou initiales sur l’écorce; enfin, lorsdes grandes fêtes, on allume des feux au milieu des arbres. Ainsi mal-traités par les hommes, plus maltraités encore par les intempéries, lescèdres ne peuvent que diminuer en nombre chaque année, car les vieuxarbres périssent, et toutes les pousses nouvelles sont broutées par leschèvres jusqu’au ras du sol.
A l’orient, le Liban est coupé par de brusques escarpements vers lalongue vallée de la Cœlé-Syrie ou « Syrie Creuse », la partie la plus régu-lière du sillon creusé du nord au sud de la contrée, du lac d’Antioche à lamer Morte et au golfe d’Akabah. La Cœlé-Syrie , désignée de nos jours sousle nom de El-Bekaa ou « Yal des Mûriers », est une plaine à double pente,parcourue au nord-est par les eaux de l’Oronte , au sud-ouest par cellesdu Léontès ou Xalir-el-Leïtani ; un seuil presque insensible, à i 170 mètresd’altitude, forme la ligne de faite entre les deux versants ; la hauteurmoyenne de la Bekaa peut être évaluée à 1000 mètres; de part et d’autre,les monts se dressent à 1500 mètres au-dessus de la dépression intermé-diaire : des marais, reste de l’ancien lac qui s’étendait autrefois entre leLiban et l’Anti-Liban , sont parsemés dans la plaine.
L’Anli-Liban, le Djebel-ech-Chark ou « Montagne Orientale » des Syriens ,présente dans son ensemble une remarquable analogie avec le Liban ,qui lui est parallèle. Composé des mêmes roches calcaires, revêtu de lamême terre rouge, d’origine glaciaire, il n’est pas moins aride et nu