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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
parallèles présente aussi un remarquable contraste. Tandis que les pins,les sapins, les cèdres sont les essences caractéristiques du Liban , le peu-plier est l’arbre par excellence de l’Anti-Liban . Dans les vallées duTaurus, dans toutes celles de la Syrie septentrionale, des noyers, des pla-tanes superbes ombragent les hameaux; dans l’Anti-Liban , les peupliersforment un rideau à l’entour des demeures et les signalent de loin 1 * . Coupébrusquement du côté de la Bekaa, comme l’est aussi le Liban , l’Anti-Lihan incline vers l’orient sa longue contre-pente, ou plutôt ses gra-dins parallèles, s’abaissant par degrés vers le désert. Au sud s’ouvre laprofonde brèche que parcourt la rivière Barada, née entre deux desliantes terrasses de la chaîne. La route dite française traverse, à 1300 mè-tres d’altitude, l’étroit plateau qui forme le faîte de partage entre le versantde la Cœlé-Syrie et les plaines de Damas .
La large ouverture qu’utilise ce chemin sépare l’Anti-Liban d’une antrechaîne, que l’on pourrait considérer comme un simple prolongement de larangée du nord : c’est le Hermon ou Djebel-ech-Cheïkh, le « mont duBoi ». qui mériterait aussi l’appellation de « mont des Dieux , » en souve-nir des divinités dont les temples se dressaient au sommet des rochers.D’après les antiques légendes, les anges coupables y tombèrent lorsqu’ilsfurent précipités du ciel. Le Hennon, comme le Liban , est une montagnesacrée, et partout des chapelles s’élèvent sur les emplacements des sanc-tuaires anciens : les hauts-lieux sont tenus dans la même vénérationqu’autrefois; seulement saint George, Elie et le prophète Jouas ont rem-placé Baal , Adonis ou EliounL Le mont lui-mème était tenu pour un dieuet l’on a constaté que les temples des alentours étaient tous orientés dansla direction de la cime principale; de même que le musulman prie les yeuxtournés vers la kibhth de la Mecque, de même les Syriens adoraient en re-gardant le Ilermon 3 4 . Très escarpé sur ses deux versants, le mont duBoi est couronné par un pic à trois pointes qui s’élève à 2827 mètresau-dessus de la Méditerranée, à une hauteur plus grande encore au-dessus de la profonde dépression dans laquelle coule le Jourdain ; decette puissante cime, inférieure seulement aux croupes suprêmes duLiban , on embrasse un immense panorama s’étendant de la Méditerranéeau grand désert 1 ; un gouffre d’effondrement, dans lequel disparaissentles eaux de pluie et de neige, s’ouvre à côté de l’une des trois pointes.