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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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MARONITES.

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ce siècle ils ont toujours été considérés comme les « Français du Liban ».De là l'extrême importance qu’a prise la question des Maronites dans lalutte des influences diplomatiques en Orient. En vertu des traités, le pachadu Liban doit professer la religion chrétienne , celle de la majorité desmontagnards. La France protégeant les Maronites, la Grande-Bretagne apris les Druzes sous son patronage et les dissensions locales, attisées parles résidents étrangers et par les pachas musulmans eux-mêmes, heureuxde diviser pour régner, ont dégénéré en guerre ouverte et en massacres.Eu 1860, treize mille chrétiens furent égorgés dans le Liban et dans lescontrées voisines. On accusa les Druzes d’être les auteurs de ces extermi-nations en masse, mais ils n’y prirent qu’une faible part; les principauxcoupables furent les soldats turcs, réguliers et irréguliers 1 . Quoique nom-breux et défendus par les escarpements de leurs forteresses naturelles, lesMaronites n’osèrent point résister et le calme ne se rétablit qu’après l’envoid'une expédition française . Attirées sur les lieux de massacre par les amasde cadavres mal ensevelis, les bêtes fauves, onces, hyènes et loups,reprirent possession du pays et longtemps encore après le carnage il y eutdanger à voyager sans escorkr.

Le clergé est extrêmement puissant en pays maronite : plus du quart dela contrée appartient à l’Eglise; au moins deux cents couvents, disposésgénéralement par couples, ceux des hommes à côté de ceux des femmes,sont épars dans les vallées du Liban , entourés de noyers et d’autres arbrestouffus, dominant des terrasses de vignobles et les plaines fertiles. Lesprêtres se marient, mais, devenus veufs, ils ne peuvent plus prendre unenouvelle épouse; ils sont élus par les moines, de même que les évêques,(pii à leur tour nomment le patriarche ou botrak, sous réserve de l’appro-hation du pape. La messe se dit en syriaque, langue qui n’est plus compriseni des fidèles, ni des prêtres. Un très grand nombre de Maronites appren-nent le français et le parlent avec facilité, mais ils en étudient rarement lalittérature, leur ambition se bornant d’ordinaire au métier de dragomanou de commis aux écritures. Ceux qui s’occupent de commerce le fontgénéralement sans esprit d’entreprise; ils s’en tiennent au petit trafic dedétail. La masse de la population est restée au travail héréditaire et routi-nier des vignes, des champs et des vergers : l’initiative lui manque. Desartistes étrangers, Grecs pour la plupart, construisent et ornent ses édi-lices; ce que le Maronite bâtit est lourd et disgracieux; son costume a

1 Loriot, Lu Syrie d'aujourd'hui.■ Van Lennep , Bible Lands.