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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

Ras-el-Aïn pour sc ramifier dans les mille canaux de la plaine; elles alimen-taient jadis un aqueduc, maintenant en débris, qui se dirigeait au nordvers la butte ou tell Maacbouk, et s’y bifurquait. L’un des bras pénétraitdans la ville insulaire : deux sources qui jaillissent près de Sour, dansl’isthme sablonneux, sont probablement en communication souterraineavec les puits de Salomon. Quoique petite, la Tyr actuelle, habitée parSunnites , Mctoualis, Juifs et Grecs des deux rites, est une ville assezprospère; son havre, simple crique de l’ancien port septentrional, faitun certain commerce de colon et de tabac. Des fouilles entreprises en 1874dans les ruines de faneienne cathédrale pour y chercher la tombe de Fré-déric Barberoussc ont ramené de magniliques colonnes simples et géminéesen granit et en syénilc égyptien.

Le bassin du Leontès ou Kasimiyeh, dont les exportations se font encorepar l’échelle de Tyr, n'a point de ville dans sa partie inférieure. Il fautremonter jusque dans la dépression de la Bekaà, et même en dehors dela région des sources du Leïtani, avant d’atteindre des agglomérationsurbaines. La principale, pour le nombre, l’activité industrielle et com-merciale des habitants, est Zahlcli, ville de chrétiens syriaques et grecs,bâtie en amphithéâtre sur les pentes d’une colline que partage la chuted’un torrent; au nord, les escarpements se redressent vers le Djebel Sannin ;le nom de la ville rappelle un « glissement » du sol qui la lit descendred’un niveau supérieur 1 . Des vignobles entourent Zalileh, et dans la plainevoisine tous les ruisseaux sont bordés de peupliers. Lieu d’étape intermé-diaire entre Beïroul et Damas, Zalileh est habitée par de nombreux mu-letiers et convoyeurs, qui jouissent de la confiance universelle.

Baalbck n’est pas, ainsi que mainte description porterait à le croire, uns’ ’e débris de temple sc dressant au milieu du désert : c’est une petiteville, ayant même un khan pour les Arabes , un hôtel et un télégraphepour les voyageurs européens; un mur d’environ trois kilomètres entourequelques centaines de maisons où vivent, comme dans les autres villesde la Syrie , des communautés appartenant à des religions diverses. Quoi-que les guerres et l’oppression expliquent sufiisamment la décadence deBaalbck, comme de tant d’autres cités de l’Asie turque, on s’étonne pour-tant qu’une ville aussi heureusement située, dans cette région favorisée dela Coclé-Syrie , sur le seuil de partage à peine marqué qui sépare le bassindu Leïtani et celui de l’Oronte , n’ait pas gardé une population plus consi-dérable, un mouvement commercial plus actif. Sans nul doute, Baalbck

Michaud et Poujoulat, Correspondance d'Orient.