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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
pendant cinq jours, hommes et chevaux n’eurent d’autre boisson qu’un peude lait des chamelles et l’eau contenue dans l’estomac des chameaux égorgés.L’année arriva pourtant dans l’oasis de Tadmor, et, bientôt après, ses forces,unies à l’année de Syrie, culbutaient les multitudes de soldats byzantins
Au nord, à l’est, au sud du Djebel-Chainmar et du A’edjed s’étendent lesdéserts, et même entre les deux massifs se prolonge une langue de sablecomme un détroit entre deux iles. Ces espaces sablonneux qui longent lesmontagnes et qui ne sont pas assez larges pour qu’on ne puisse en risquerla traversée, d’oasis en oasis, sont les Aefoud, brandies du grand désertqui s’étend au sud-est, entre le A’edjed, l’IIadramaout et l’Oman , et quioccupe près d’un quart de la Péninsule : comme les golfes, les baies etles avenues ramifiées des fjords, les Aefoud interposent entre les massifsde montagnes leurs lits de sable rouge ou blanc, anciens fonds marins gra-duellement soulevés. Le Aefoud le mieux connu est celui que traversèrentPalgravo, Pellv, Guarmani, Doughty, les caravanes de Wilfrid Blnnl et deIluher; néanmoins, les descriptions des voyageurs diffèrent notablement, cequi provient sans doute en grande partie de ce que les traversées du désertse liront à des époques différentes de l’année. Palgrave le franchit en deux•Jours à la fin du mois de juillet, pendant la saison torride; les Blunt voyageaient au milieu de janvier, mieux pourvus de vivres et d’eau, et leursétapes étaient de moitié moins longues; cependant eux aussi manquèrentpérir dans la dernière journée. Iluher traversa le Aefoud sans danger.
La lisière septentrionale du désert est une étendue pierreuse, pareille àune grève abandonnée, et quelques dunes de sable blanc longent le littoralde l’ancienne mer; d’autres étendues, au pied des monts du Acdjcd, sontcomposées de gravier granitique, connu sous le nom de ballur; mais leAefoud proprement dit consiste uniquement en un sable à gros grains,de couleur rouge, presque cramoisi après les pluies d’orage, ou le matin,sous l’humidité de la rosée: en plein soleil, quand le voyageur sent déjàle frisson de la fièvre le gagner et que ses yeux à demi aveuglés cherchenten vain un point de l’espace qu’ils puissent regarder sans souffrir, il luisemble qu’il traverse une mer de sang ou de feu : ce sont des « vagues dellamme » qu’entremêlent les vents. Les ondulations du sable qui se suc-cèdent à la surface du Aefoud, atteignant en certains endroits la hauteurde 100 mètres, parurent à M. Blunt n’avoir aucune direction précise etparsemer l’espace en désordre. Palgrave les compare à de longues vagues
1 William Muir , Aimais of Ihe Earhj Caliphale.
a llubcr, Bulletin de la Société de Géographie de Paris, 1S84.