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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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NEFOUD, FOULDJ.

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marines, semblables à ces longs plissements réguliers qui se forment sousle souffle des vents alizés; d’après lui, leur orientation normale serait celledu nord au sud. Il cherche même à expliquer ces vagues parallèles de sable,non par l’action des courants atmosphériques, mais par le mouvement derotation de la Terre : en se déplaçant d’occident en orient, la surface ri-gide tic la planète éprouverait une certaine résistance de la part des cou-ches mobiles du sable qui repose, sur elle; de même que dans la zone équa-toriale l’eau des océans retarde sur le mouvement de la Terre et donne ainsila première impulsion aux courants maritimes, de même dans les désertsde l’Arabie, les sables, en retard sur la rotation terrestre, se déplace-raient graduellement de l’est à l’ouest, quoique avec une extrême lenteur.

Les physiciens qui parcourront les déserts de la Péninsule après Pal-grave, Blunt et Huber auront encore à expliquer le mode de formation desfouldj ou gouffres que l’on rencontre en grand nombre dans le A'efoud etqui descendent jusqu’au sol ferme, roc, argile ou même terre végétale, àtravers toute l’épaisseur des masses sablonneuses. Palgrave parle d’enton-noirs qui auraient 240 mètres; Blunt n’a trouvé que 70 mètres pourla hauteur verticale du fouldj le plus creux dans lequel il soit descendu;Huber en a vu un de 80 mètres, au fond duquel sont creusés trois puits.En largeur, les dimensions de ces abîmes varient comme en profondeur; lesuns ont quelques dizaines, les autres quelques centaines de mètres. Leurforme normale n’est pas celle d’un cirque régulier à pentes d’une égaleinclinaison; ils ressemblent tous aux traces qu’eût laissées un sabot decheval gigantesque; tous ont leur convexité tournée vers l’ouest ou le nord-ouest, et, du coté de l’est, un ravin tracé par le passage des eaux d’averse.La raideur des pentes est inégale; celles qui regardent le sud sont en gé-néral plus rapides que celles de la face orientale. Une dune en croissant quele vent dresse à l’orée du gouffre s’élève de trois à dix mètres au-dessus dubord, en pente douce vers le désert, escarpée du côté de l’abîme; de tempsen temps, les molécules arénacées s’écroulent, et l’on se demande commenttous les fouldj n’ont pas été graduellement comblés par cette chute dessables; cependant la plupart ont encore un espace libre au fond, et surleurs pentes croissent des broussailles qui témoignent de la lenteur aveclaquelle se modifient leurs contours. Du haut d'une butte rocheuse quiperce comme une pyramide l’étendue des sables, Blunt put embrasser d’uncoup d’œil toute une série de fouldj et il lui sembla que leur direction nor-male est celle de l’est à l’ouest, mais qu’elle forme une courbe serpentineanalogue à celle des ouadi. Peut-être doivent-ils, en effet, leur origine aucheminement des eaux dans les profondeurs : dès que les ruisseaux d’averse

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