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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
s’y sont engouffrés, ils disparaissent, entraînant avec eux des sables dansles tissures du sol. 11 est aussi des cavités où les traces d’anciens lacs sontencore visibles : tel est le cirque d’environ 40 kilomètres carrés dans lequelse trouve le village de Itjobba, à la lisière méridionale du Acfoud, non loindes premiers contreforts du Pjebel-Chammar ; sa profondeur est d’au moins00 mètres au-dessous du niveau de la plaine, de 120 mètres d’après Pal-grave. Toutefois, 31. Ilulier ne voit dans les « plages concentriques » dubassin que des rainures creusées par les intempéries dans les couches degrès les plus friables’.
l.e Mcfoiul septentrional n’est point complètement dépourvu de végéta-tion ni de vie animale. Une eupliorbiacée, la ghada, hérisse le sol enbuissons; la yorla, liane qui ressemble à la vigne, y entremêle ses sar-ments; des herbes savoureuses naissent dans le sable, associées pour laplupart, à l’exclusion de toute autre espèce : au printemps, les nomadespeuvent mener leurs troupeaux paître dans le désert; ils y vivent parfoisdes semaines entières, n’ayant d'autre boisson que le lait de leurs cha-melles. Il est vrai que des ossements d’hommes et d’animaux épars sur lajiiste des caravanes, entre les oasis, témoignent des dangers que présente latraversée des sables; mais la vie dans le désert n’en passionne pas moinsles Arabes : c'est là qu’ils se sentent heureux et libres; c’est là que l’hommeatteint à la concentration la plus profonde de son être, à la possession laplus complète de toutes ses forces morales; aussi n'cst-il pas étonnant quela plupart des religions de l’Orient aient été révélées à leurs fondateursdans le désert 1 2 . « Plus la terre est aride, plus l’homme regarde en lui-même, » dit un ancien. Les voyageurs européens subissent, comme lesArabes , l’impression profonde de la nature déserte. Quand ils reviennentdans les régions divisées en mille compartiments par les enclos des pro-priétés et les murs des villes, ils éprouvent comme les Bédouins un sen-timent de gène et de tristesse 3 .
Mais personne n’ose s’aventurer dans le « désert rouge » de la Dahlia,qui s’étend au sud du Xedjed vers le littoral de l’IIadramaout. Dans cetterégion, les cartes montrent encore un espace vide de tout nom géogra-phique. Peut-être des explorations futures révéleront-elles quelques oasissur le pourtour de cet océan de dunes. Là où de \Vraie l’aborda, au nord deriladramaout, le désert, appelé en cet endroit El-Akhaf, n’a pas un arbuste,pas une herbe; du haut du plateau, qui domine d’environ 500 mètres
1 Bulletin de la Société de Géographie de Paris, mémoire cité.
s Georg Elicrs, Aegijpten.