850
NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
car c’cst d’elle que dépend la vie. Le creusement de feledj dans toniel’Arabie doublerait la population sédentaire; les ouadi où se perdent les« eaux sauvages » se borderaient de champs et de villes; les lits des ancienslleuves, dont quelques-uns, tels que le Oued-Ermek ou Iloumma, tribu-taire de l’Eupbrale, traversent la Péninsule dans toute sa largeur, seraientpartiellement restaurés par des cultures riveraines. Il est certain que desrivières de l’Arabie , nées dans les montagnes du Xedjed, coulent sou-terrainement jusqu’au golle Persiquc. Sur toute la rive occidentale decette mer des fontaines d’eau douce jaillissent sous la couclie d’eau salée :l’ile de Bahreïn doit en grande partie sa parure de plantes, et par consé-quent sa population, aux sources abondantes qui s’v font jour et dontl’origine première est sur la terre ferme. Eu maints endroits, les plon-geurs descendent au fond du détroit peu profond qui sépare Bahreïn ducontinent pour y remplir leurs outres au jet. d’eau douce qui s’élancedes fissures du roc. Bans l’ilot de Moharek, les femmes et les jeunes tilles,portant sur la tète une jarre de faïence, passent à gué un petit détroitpour aller à une cinquantaine de mètres dans la mer, puiser à la gerbelimpide qui s’échappe d’une roche insulaire 1 * . Sur le littoral du continentpresque toutes les sources sont thermales et un très grand nombre sulfu-reuses, ce que Palgravc attribue à un reste d’activité volcanique; en maintsendroits, l’eau fumante jaillit des cendres ou des laves. A côté de la plupartdes sources s’élèvent de petites collines, monticules formés probablementpar les sables que l’eau a rejetés des profondeurs\
L’Arabie est une des contrées « brûlantes » de la Terre : l’équateurlhermométrique, reployé vers l’hémisphère septentrional par le foyer dechaleur que, forment les sables du Dalma, longe les côtes méridionales dela Péninsule : Aden, Makalla, Mascate sont au nombre de ces « enfers »que mentionnent les dictons des marins, et plus d’une fois les Européensse hasardant en plein soleil entre des murs blancs qui rellèlent la chaleuront été frappés d’insolation mortelle. Dans l’ilc d’Aden, la températuremoyenne de l’hiver est supérieure à celle des étés européens. Les tempéra-tures de 40 degrés centigrades à l’ombre ne sont pas rares à Mascate , memeau mois d’avril, et par un calme parfait 3 4 ; dans le Tehama de l’Assir, elless’élèvent souvent à 42 degrés 1 ; mais en plein été et lorsque le vent souffledu désert, la chaleur devient beaucoup plus forte : elle dépasse 50 degrés et
1 Gifford Palgravc. ouvrage cité.
- Palgravc, ouvrage cité; — Cari Rilter, A sien.
'• NVellsted, ouvrage cité.
4 Millingcn ; — Malié, Notes manuscrites.