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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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CLIMAT, PLUIES DE L’ARADIE.

ouadi s’emplit d’un Ilot rapide, tous raccompagnent de leurs chants et deleurs cris de joie. La foule lutte de vitesse avec l’inondation : on lui faitcortège comme à une divinité.

Mais à l’issue des montagnes les agriculteurs ne disposent que d'unepart de l’eau tombée. Là où commencent les sables et les cailloux dudésert, là disparaissent les courants. Quelques-uns surgissent de nouveaudans les bas-fonds et forment des oasis, quand l’eau ne s’est pas saturée desel dans les profondeurs : il en est aussi qui s’amassent en lacs perma-nents ou temporaires dans les cavités argileuses. Quand l’eau de cos bassinss’est évaporée, les uns sont blancs d’efllorescenccs salines, les autres, dontl’eau était douce, n’oflrent que la surface brune de la cuvette, craqueléeen lézardes régulières; mais à une faible distance on voit encore lalumière s’y réfléchir comme sur une nappe liquide : nulle part le miragede l’eau ne se produit plus fréquemment et de manière à causer une illu-sion plus complète qu’aux endroits où l’on devait s’attendre naturellementà trouver de l’eau, c’est-à-dire dans les bassins des lacs desséchés : ondirait qu’en s’évaporant la nappe lacustre laisse du moins son image 1 .Mon moins précieuse en Arabie qu’en Perse ou qu’en Afghanistan , l’eaun’y est pas aménagée avec autant d’industrie : dans la Péninsule, si ce n’estdans quelques vallées de l’Oman , dans certaines parties du Medjcd et dansla région des villes saintes, on ne connaît pas l’art de capter les ruisseaux àla sortie des montagnes et de les conduire aux terrains d’irrigation par descanaux souterrains, percés de puits à distances égales. Mais dans presquetoutes les contrées de l’Arabie on a construit des birket ou réservoirs ma-çonnés et creusé des puits profonds. Les plus remarquables sont ceux queZobéide, la femme d’IIaroun-ar-Ilachid, lit tailler dans le roc, sur la routedes Iladji, de la Mecque à Bagdad : il en est qui ont jusqu’à 70 mètres deprofondeur, mais la plupart sont sans eau ou n’ont plus qu’un peu de vaseau fond 2 .

Les felcdj de l’Oman , analogues aux hanat des Persans et creusés proba-blement sous leur direction, au siècle dernier, permettent d’étendre leslimites des oasis dans les vallées : aussi les communes, qui en sont géné-ralement propriétaires, les entretiennent-elles avec le plus grand soin,et dans les régions exposées aux incursions de tribus pillardes, défendent-elles les prises d’eau par des fortifications régulières : là chaque source ason castel 3 ; il est plus urgent de défendre l’eau que le village lui-même,

1 Anne Blunt , Voyage en Arabie, trad. Dcromc.

3 ilubei-, Bulletin de la Société de Géographie, 1884.

3 AYoilsled, Travcls in Arabia.