8Ü0
NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
origine : c’esi de Tylos que provenait ce « dieu-poisson » qui conduisitl’arche de l'humanité sur les eaux du déluge.
Le golfe Pcrsique, la mer d’Oman sont parmi les eaux marines les plusriches en vie animale. Des milliers d’embarcations arabes voguant aumilieu des bancs animés ne font dans ces multitudes que de faibles trouées,bientôt comblées de nouveau; on jette jusqu’à deux cents brasses de pro-fondeur de grands blets que ramènent, toujours remplis, de trente à qua-rante hommes. I.es poissons, que l’on sèche au soleil et qui prennent enquelques heures l’apparence de morceaux de bois, servent, avec de la pâlede dattes, à l'alimentation de tous les Arabes du littoral et sont expédiésau loin dans l’intérieur de la Péninsule , dans l’IIindouslan, à Zanzibar,sur les côtes de l’Afrique orientale . Quant au fretin, qu’il serait difficiled’exporter, on le rejette dans la mer ou on 11 e l’emploie que pour engrais-ser les jardins de Mascate et les campagnes du Patina . D’après le dire deXéarque, les baleines devaient être aussi très communes dans la merd’Oman , puisque les « ichtyophagcs » de la côte de Mêleran bâtissaientleurs maisons en ossements du cétacé; maintenant, ces animaux sont de-venus rares, mais les marins rencontrent encore dans ces parages la balæ-noptera indica, qui peut-être est le monstre marin des plus énormes di-mensions : il atteint 27 mètres de longueur 1 . I.es infiniment petits pullulentpar myriades, assez nombreux parfois pour changer la couleur de la mersur des milliers de kilomètres carrés, et la transformer en « lait » ou en« sang ». La nuit, elle n’est que « flamme » ; les embarcations y tracentun long sillage de feu et des deux côtés les rames laissent leurs remousphosphorescents : on dirait un dragon lumineux. Des méduses, pareillesà des braises, flottent sous les vagues en longues traînées de lumière quise reflètent sur les voiles 2 . Les Wahabitcs voient dans ces flammes ma-rines un reflet de l’enfer 3 4 . La plupart des marins disent que ce sont lesjoyaux des sirènes; mais ils ne reluisent qu’au fond des mers; à l’air, ilsse ternissent et s’évaporent 1 .
Dans les eaux de Bahreïn , de même que dans la « mer des Filles » etsur presque toute la côte arabe du golfe Pcrsique, la grande occupation desriverains, de mai en octobre, est la pêche des perles. Les concrétions deshuîtres perlières ne sont pas aussi blanches dans les mers d’Arabie quedans celles de Ceylan et du Japon , mais elles sont plus grosses et d’une
1 Blyth, Journal of (lie Asiatic Socichj of Beiujal, 1859 ; — Blanford, Easlern Persia.
- Denis de Rivoyrc, Aden, Obock et Mascale,
“ Gilford I’algrave, ouvrage cité.
4 R. Durton, Pilgrimage lo Mekka.