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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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.NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

théiste, changèrent sans peine leur loi. Grâce à la simplicité de sa doc-Irine, comprise de tons, le mahométisme maintient chez ses adhé-rents une grande force de cohésion, et sa propagande se continue enAfrique, dans les Indes, jusqu’en Chine . Tandis que la conversion d’unniahométan an christianisme est un fait presque inouï, malgré les cen-taines de missionnaires qui prêchent en Orient, il arrive assez fréquem-ment que des chrétiens , par conviction ou par intérêt, entrent dans le seinde l’Islam .

Pourtant, la ferveur des premiers siècles n’existe pins que chez un petitnombre de fidèles, et la plupart des musulmans ne le sont que par la pra-tique routinière des cérémonies usuelles et la répétition de formules consa-crées. Aussi de temps en temps le mahométisme eut ses réformateurs quile rappelèrent au zèle de l'ancienne foi et à la rigueur des observances, l.edernier et peut-être le plus important de ces réveils est celui que provoquaun Arabe du A’edjcd, Mohammed Ibn Ahd-el-Wahah, d’après lequel scs sec-tateurs ont été désignés sous le nom de Wahabites. Il naquit probablementdans les dernières années du dix-septième siècle et paraît avoir commencésa prédication entre les années 1740 et 1750, après avoir étudié la théo-logie à Damas, à Bassora et à Bagdad. Persécuté par scs compatriotes duAedjcd à cause des controverses et des dissensions religieuses qu’il suscita,il se réfugia chez le cheikh Saoud, chef d’une tribu des Anazeh, et s’unit àlui comme frère : l’un fut la parole, l’autre le glaive du « nouvel Islam ».dépendant il ne s’agissait point, à leurs yeux, de fonder une secte nou-velle ; ils ne voulaient autre chose que de ramener les musulmans à la sim-plicité de la foi et à la pureté de la vie. « Jansénistes » de l’islamisme, ilsblâmaient la pompe des cérémonies, le luxe des mosquées, l’usage desétoffes somptueuses, l’habitude « vaine et malpropre » de fumer le tabac; ilsno reconnaissaient aucun privilège à la prêtrise, repoussaient comme abo-minable toute prière faite à Dieu par des intermédiaires, tels que le Pro-phète, et s’engageaient à reprendre la guerre contre tous les infidèles; euxseuls, fidèles observateurs de la loi, avaient droit au titre de musulmans :tous les autres n’étaient que d’impurs kalîr, des mouchrikin ou poly-théistes. La réforme religieuse se compliquait d’une révolution sociale. Desmultitudes d’Arabes misérables, fugitifs ou repoussés par de puissantestribus dans les solitudes infertiles, se rattachèrent à la nouvelle secte pourreconquérir leur place au soleil, retrouver à la fois des terres, des trou-peaux et l’orgueil de la race. Dès le milieu du dix-huitième siècle, presquetout le Medjcd, autour de la capitale, Derrcyeh, était converti par l’épéeaux doctrines des AVababites; puis le cercle de conquêtes s’étendit graduel-