W A 11 Ali I TES, H K LIG I ( l A DES BÉDOUINS.
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sua lever; une peuplade, celle des Zediyeh, dans les plaines septentrio-nales, invoquerait aussi l’ange décliu, comme les Yézides ; mais leurs voi-sins ne sont nullement scandalisés de celte « adoration du diable » ; ons’étonne davantage de ce que les Zediyeh portent leurs chemises échan-crées en carré autour du cou 1 . Si les Bédouins sont parmi les peuples de laTerre qui se préoccupent le moins de dogmes religieux, ils sont aussi aunombre de ceux dont la vie est le moins gouvernée par des _ s super-
stitieuses; quelques-uns portent des amulettes, mais ils ne l’avouent pasvolontiers; ils ne s’occupent point de la valeur mystique des nombres etdes couleurs, ne consultent point le vol des oiseaux ni la course des fauves,ne perdent pas leur temps à interpréter les songes. L’idée de l'immortalitéde l’ànic est étrangère à l’habitant des steppes arabes; pourtant il a unevague idée de la métempsycose, et c’est pour cette raison qu’il recueilleraitles chiens errants 2 . Sa vie de courses, d’incessante activité, ne lui laissepas le loisir nécessaire pour les spéculations métaphysiques, et d’ailleurspeu de Bédouins ont eu l’occasion de se trouver une ou plusieurs fois dansleur vie, comme la plupart des Européens, aux « portes de la mort ». Leurpremière maladie est celle qui tue; leur jeunesse, leur Age mûr sont despériodes de santé constante, pendant lesquelles leur imagination n’a pointà redouter le « roi de l’épouvante 3 ». Le Bédouin ne cherche pas la sanc-tion de la morale dans l’idée de récompenses ou de punitions à venir : illui suffit de se conformer à l’opinion générale de la tribu sur le bien et lemal. Mais celte opinion est beaucoup plus sévère que celle des sociétéseuropéennes : les abus de confiance, les petites tromperies, les hircinshonteux, si communs en Occident , ne se commettent pas chez les nomadessi injustement méprisés : on chercherait vainement parmi les Bédouinsl'infâme capable de nier le dépôt fait par un ami : la stricte probité enaffaires est la règle chez les peuples du désert, même chez ceux qui, àl’occasion, pratiquent le brigandage à main armée.
On répète souvent que, depuis trois mille années, les Arabes n’ont paschangé. Sans doute, pour les trilms du désert, les transformations sontminimes : les conditions du milieu sont telles, que le genre de vie ne peutguère se modifier. Mais dans les villes et les campagnes cultivées il n’en estpas ainsi, et pour les Bédouins mêmes les mouvements de l’histoire ne sesont point accomplis sans modifier le cours des idées. La forme du gouver-nement varie beaucoup chez les Arabes sédentaires, suivant les mille con-
1 Amie Blunt, Amotuj tlie Bédouins of the Euphrates.
- Uampcndahl, Deutsche Rundschau fur Géographie und Slalistik, .V ;r Jatirgang, 10.
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