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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
minenee (les M'ahabiles ne dura qu’une dizaine d’années ; les autres mu-sulmans ne pouvaient tolérer leur exclusion des villes saintes, et, de soncôté, le sultan, héritier des califes, avait à craindre de perdre le pres-tige de son titre s’il ne parvenait à rétablir son autorité à la Mecque et àMédine . Eu 1812 et en 1815, une armée égyptienne reconquit le littoraldu liedjaz, puis elle pénétra dans l’intérieur avec des fortunes diverses, etenfin, en 1817, El-I)erreyeh, la capitale du nouvel empire, était forcéepar Ibrahim-Pacha . Le vaillant Saoud, le « Père des Moustaches », étaitmort trois années avant le désastre.
Depuis la défaite des Wahabites, leur royaume s’est reconstitué, maisil n’est pas le plus puissant de l’Arabie centrale; l’Étal de Djebel-fhammar, dont Mail est la capitale, a pris la prééminence, et les mœursn’y ont rien du fanatisme des voisins; les chiites de la Perse y jouissentd’une tolérance _ '' , et l’on y appelle même des Juifs du Yemcn, ces
descendants méprisés des colonies jadis puissantes qui s’étaient établiesdans l’Arabie occidentale et dont l’intluence se retrouve d’une manière siévidente dans les récits et les préceptes du Coran . La propagande du walia-bisme se continue par-delà les limites de l’Arabie , surtout dans l’Inde , etpeut-être même le nombre des « réformés » musulmans est-il plus consi-dérable actuellement qu’à l’époque des victoires de Saoud ; mais le mouve-ment est surtout religieux, et, jusqu’à maintenant, les précautions prisespar les Anglais pour éviter les soulèvements ont réussi : ce n’est pas deleurs sujets mahoinélans qu’est venu le danger.
Dans l’Arabie même, une grande partie de la population dite musul-mane est restée complètement en dehors des guerres religieuses suscitéespar le nouvel Islam . Les Bédouins nomades ne se laissèrent point entraînerdans le mouvement vvababite, si ce n’est, plus d’une fois, pour les accom-pagner à des expéditions de pillage. Leur mahométisme consiste simple-ment à dire que « Dieu est Dieu » et à le prendre à témoin dans leurs affir-mations; mais ils ne le prient ni ne lui rendent d’actions de grâces. Detoutes les « nobles » tribus des steppes, une seule, les Chammar, a sonmollah, aux gages d’un cheikh qui a pris les habitudes des citadins. Lesdemi-castes des fellah, qui cultivent les campagnes au bord des fleuves,sont méprisées par les Bédouins, non seulement à cause de leurs mœurssédentaires et de l’oppression qu’elles endurent, mais aussi à cause de leurspratiques religieuses , considérées par eux comme un signe d’abaissement.
Il est probable que les vestiges de l’ancien sabéisme remportent encorechez les Bédouins sur l’influence mahométane, car, d’après plusieurs voya-geurs, diverses tribus auraient l’habitude de s’incliner devant le soleil à