Band 
Livre IX. L'Asie Antérieure.
Seite
895
JPEG-Download
 

MASCATE, OMAN .

895

hou, qui en est séparé par un promontoire élevé, difficile à gravir, estl’annexe arabe du havre international : c’est à Mattra que s’arrêtent lescaravanes des Bédouins venus de l’intérieur ; ils y laissent leurs cha-meaux et leurs ânes et transportent leurs denrées à Mascnle par de petitsesquifs; on en voit des centaines aller et venir en longs convois entre lesdeux villes.

Comme le Yemen, le pays d’Oman eut une histoire presque indépendantede celle des autres contrées de l’Arabie . Séparée du reste de la Péninsulepar le désert, celte région est unie par la mer aux cotes voisines de la Perseet de l’Inde : par l’Océan, beaucoup plus que parla terre ferme, s’établi-rent les relations de ses tribus avec les nations environnantes. Les Arabes qui, au moyen âge, visitaient les ports de la Sonde et de la Chine étaientdes marins d’Oman. Ceux auxquels les Portugais disputèrent la domina-tion de la mer des Indes étaient les mêmes Arabes du littoral de l’est.C’est aussi contre eux qu’eurent à lutter au siècle dernier les armées per-sanes de Nadir-chah, lorsque le maître de l’Iran voulut conquérir la domi-nation de la mer. Depuis la retraite des garnisons iraniennes, un empires’est constitué sur la côte d’Oman , mais ce domaine, gouverné par lesultan de Maseatc, ne comprend guère que des régions côtières. EnArabie même, il s’étend sur un littoral de plus de 3 000 kilomètres, dela péninsule de Katar , dans le golfe Persiquc, à la baie de Mirbat, surl’océan Indien ; à quelques kilomètres dans l’intérieur, les tribus nepayent plus d’impôt et ne rendent pas hommage au sultan. Aux tempsde sa prospérité, jusqu’au milieu du siècle, l’empire d’Oman possédaitaussi les îles du golfe Persiquc sur la côte iranienne , ainsi que lesports du Baloutchistan et ceux du littoral d’Afrique jusqu’à Zanzibar.La flotte de Mascate était la plus puissante de l’océan Indien ; aucun bati-ment n’entrait dans le golfe sans lui payer tribut. Les souverains d’Eu-rope recherchaient l’amitié du sultan. Toutefois il eut aussi fréquem-ment à lutter contre ses propres sujets, groupés en associations de cor-saires. Leurs flottilles se tenaient en embuscade sur le revers occi-dental de la péninsule qui se termine au Bas Masandam et de là guet-taient les navires qui pénétraient dans le golfe. Malheur à ceux quin’étaient pas accompagnés de vaisseaux de guerre ! les marchandisesétaient capturées, l’équipage égorgé, les femmes et les enfants vendus enesclavage. Trois fois, en 1809, en 1819, en 1821, la Compagnie des Indesdut envoyer des expéditions contre les corsaires d'Oman ; en 1819, les An-glais capturèrent sur la « côte des Pirates » plus de 200 navires ou daou<l’un tonnage moyen de 200 à 550 tonnes, appartenant pour la plupart