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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
rebords des terrasses supérieures sont guillochés d’entrelacs. Quelques-unes des cinquante mosquées de Sana sont de proportions grandioses :l’une d’elles est tenue pour la rivale de la Kaaba en sainteté, même par lesorthodoxes du Yemen . Des ruines pittoresques s’élèvent en diverses partiesde l’enceinte ; le mortier que fournit la chaux des carrières avoisinantesmaintient des fragments d’édifices en surplomb pendant des siècles.
La ville se divise en trois quartiers bien distincts, enfermés dans uneenceinte commune, partiellement détruite, et possédant chacun sa mu-raille particulière. En dehors de l’enceinte, longue d’environ 7 kilo-mètres, s’élèvent les casernes qui commandent la ville, mieux que l’ancienchâteau délabré L A l’est s’étend la cité proprement dite, qui se ter-mine par le château d’El-Gasscr, et au centre de laquelle se groupent lesboutiques du bazar. Le quartier central, qu’un boulevard sépare de la cité,est désigné sous le nom de Moutuakil : là s’élève l’hôpital militaire , grandédifice installé sur le modèle des établissements hospitaliers d’Europe : ons’étonne de rencontrer dans le pays des Ilymiares un hôpital aussi bientenu, ayant un corps médical élevé dans les écoles d’Occidcnt, un labora-toire de chimie, des salles de dissection. Le français est la langue officiellede l’hôpital de Sana pour la correspondance, la statistique, la comptabilité.A l’est de Moutuakii se prolonge, entre les jardins, la belle rue de Birel-Azcb, habitée par des fonctionnaires turcs; puis, à l’extrémité occiden-tale de la ville, se pressent les maisonnettes de la « Juiveric », Gaé-el-Yahoud,jadis entourées d’un mur que les habitants ne pouvaient franchir qu’à cer-taines heures. Avant la conversion des Arabes du Yemen à l’islamisme, destribus entières s’étaient judaïsées, mais il ne paraît point qu’il y ait eumélange de races : Arabes et Yalioud forment deux classes parfaitementdistinctes par l’apparence. Les Juifs sont à peine moins méprisés que lesAklulam et les Glioumr, parias qui ressemblent aux Tsiganes de l’Europe et ne sont pas môme admis aux prières publiques 2 .
Située dans la région la plus élevée des montagnes du Yemen , Sana estun point stratégique très bien choisi pour dominer militairement toutela région sud-occidentale de l’Arabie , aussi bien le versant oriental quis’incline vers le désert que les versants du sud et de l’ouest, tournés versle golfe d’Adcn et vers la mer Rouge ; des routes bien tracées relientla capitale du \emen à quelques-uns des ports du littoral. Pour la facilitédes communications et la surveillance militaire qu’exerce un gouverne-
1 Renzo V'anzoni, Esphratore, vol. II, 1879.
- .Maltzan, Petermann’s Miltheilungcn, 1878.