XX
ÉLOGE
rendre cet hommage à l’illustre Olivier de Serres . Il écrivoitsous un héros qui avoit retiré la France du cahos des guerresciviles j nous avons le même avantage. Alors , presque tous lesesprits, lassés des factions et des tourmentes politiques , se tour-noient vers les arts paisibles et les objets utiles. Avec la même las-situde , nous sentons le même besoin j nous voulons aujourd’huique la reconnoissance restitue aux amis des hommes, l’encens quela bassesse prodigua trop long-temps aux fléaux de l’humanité.Quel beau jour pour l’agriculture , que celui où les citoyens de lapremière de nos villes se rassemblent en foule pour entendre l’Elogesolemnel et public d’un simple laboureur ! Je dis d’un simplelaboureur, car aujourd’hui c’est son seul titre. Si Olivier, deSerres n’avoit été que gentilhomme et seigneur du fief du Pradel,nous ne serions pas tous ici réunis pour le célébrer.
Mais, si j’ai bien compris ce que l’on doit entendre par l’Eloged’un homme digne d’être loué ; si vous me demandez, non pas desphrases oratoires, non pas des épisodes étrangers au sujet, maisune notice historique et des faits qui peignent la vie du respectableauteur du Théâtre dé'Agriculture , je ne puis vous dissimuler quecette tâche est à-peu-près impossible à remplir, et qu’un talent su-périeur à mes foibles efforts ne pourroit suppléer ici au défaut absoludes matériaux les plus simples , et des renseigneinens même lesplus vulgaires , sur le sujet qui nous occupe. Plus ce sujet vousintéresse, plus votre attente est grande, et plus je crains de la tromper.
Deux frères, du nom de de Serres, ont rendu ce nom très-illustre dans le seizième siècle. Le premier étoit Jean de Seires , dontle président de Thou dit qu’il s’étoit fait une grande réputation dansles belles-lettres. L’autre étoit Olivierde Serres, dont le mêmede Thon se borne à dire qu’il étoit le frère de Jean , et qu’il avoitfait un Écrit sur la Cueillette des Vers à soie , pour seconderl’envie que le roi Henri IV avoit de propager en France les vers àsoie et les mûriers.