ÉLOGE
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notre économie rurale . Je ne connois pas son pendant. Elle doitfaire époque , même dans l’histoire de France . M. Dorthès l’a re-cueillie, sans soupçonner son importance. Je lui sais gré, du moins,de l’avoir conservée, et je me félicite de pouvoir mettre en toutson jour, une preuve si éclatante du discernement de Henri, et desservices d’OL i vie r. Aujourd’hui, ces deux noms sont faits pourêtre unis , et se recommander l’un l’autre. Si l’auteur de LaHenriade avoit connu cette anecdote, au lieu de feindre unetempête pour jeter son héros dans l’île de Jersey , chez un hermiteimaginaire , j’aime à penser qu’il auroit cru devoir , de préférence,le conduire au Pradel, près d’un vrai Socrate champêtre. Et, sousla plume de Voltaire cet épisode, plus conforme à la vérité del’histoire , auroit encore mieux réuni, ce me semble , les leçons dela politique , aux beautés de la poésie. Du moins , il eût justifié cequ’il dit si bien, à propos du simple régal qu’offre au roi lesolitaire de Jersey :
Le prince à ces repas étoit accoutumé :
Souvent, sous l’humble toit du laboureur charmé,
Fuyant le bruit des cours, et se cherchant lui-même,
Il avoit déposé l’orgueil du diadème.
{Henriade, Ch. /.)
Quant à moi, je l’avoue, depuis que j’ai appris que la premièrepépinière de mûriers , établie en France , fut plantée dans lesTuileries , d’après l’idée de Henri IV , et des mains d’OLiviER de Serres j ce superbe local, le premier de l’Europe par saposition, par la majesté de son plan , par le grand homme quil’habite ; ce jardin magnifique a pour moi un charme de plus. Jene pourrai plus désormais me promener aux Tuileries , sans yporter ces souvenirs , dont malheureusement il ne subsiste aucunetrace. Mais n’est-il pas aisé de les y rappeler, de les y consacrer,par un monument simple , analogue au sujet et au heu de lascène? Pourquoi ne pas placer , dans un coin de ce beau jardin