XXXIX
même appelle sa patrie. Dans le programme de la souscription pource monument, nous avons appris que notre auteur, né en i 53 p,mourut à l’âge de quatre-vingts ans , en 1619. Ces dates étoient,par hasard, consignées au bas du portrait d’O li vie r de Serres,peint par un de ses. fils en 1699 , conservé au Pradel, et gravé à latête de notre nouvelle édition.
On aime à étudier, dans ce portrait, la physionomie remar-quable de ce patriarche de notre agriculture. Lavater croyoit que lefront est , en quelque sorte , la carte de l’esprit et du cœur ; la têted’O livier de Serres l’auroit certainement frappé. Il y auroitsaisi une preuve nouvelle de ce système ingénieux. Au premiercoup-d’œil, on devine que cette tête fut pensante. Il est dessiné àl’âge de soixante ans ; quelques rides gravent sur son front l’em-preinte de ses longs travaux : ses yeux spirituels sont d’un observa-teur , et tout son visage annonce la gaîté de l’humeur, la sagacitéde l’esprit, et la sérénité de l’ame. Nous avons une grande obli-gation au C. Caffarelli > de nous avoir procuré ce beau portrait,qui a vraiment un caractère, et qui nous met à portée de faire voirla véritable figure d’O livier deSerres à tous les amis de l’agri-culture. Eh ! de quel ornement plus riche cette nouvelle éditionpouvoit-elle être accompagnée ? Placé à la tête du livre , on diroitqu’ Olivier l’offre lui-même à ses lecteurs. Je ne sais pas si ceportrait me fait illusion ; mais , en le regardant, je crois qu’il inter-roge l’avenir. Heureux le siècle qui sera digne de lui répondre !Heureux les peuples , dont les chefs comprendront bien le sensde ce que dit l’auteur, dans son épître à Henri IV , qu’erc offrant àsa majesté le Théâtre d’Agriculture et Mesnage des Champs ,il ne fait que l’ entretenir de ses propres affaires ! Ce mot est bienprofond , et Henri l’avoit entendu , puisqu’il se proposoit de gou-verner de sorte qu’il n’y eût pas en France un seul laboureur quine pût, au moins tous les Dimanches , mettre une poule dansson pot : expression aussi naïve que l’intention est sublime. Ah !