paroît que, dans leur jeunesse, son frère et lui, avoient été obligésde s’expatrier. Ces voyages forcés devinrent instructifs pour eux.Jean de Serres , étant réfugié à Berne , y trouva des secours pourtraduire Platon . Et quant à Olivier , le Théâtre d’Agricultureprouve , en plusieurs endroits, que dans toutes ses courses , toutavoit été rapporté au grand objet de ses études. On peut voir commeil parle , en observateur éclairé , de la fameuse Orangerie qui exis-toit à Heidelberg . Là , malgré le climat , ces beaux arbres despays chauds étoient en pleine terre ; quand l’hiver approchoit, onles couvroit d’une charpente ( Lieu VI, chapitre XXVI ). Depuis ,cet artifice a été imité à Lille , chez l’intendant de Flandre , d’aprèscette indication du livre d’OLiviER. Celui-ci avoit sûrementd’autres notes sur ses voyages. Ce qui est certain, c’est qu’in -dépendamment de ses ouvrages imprimés , il en avoit en porte-feuille , qu’il annonçoit lui-même comme les suppléinens duThéâtre d’Agriculture . Il se proposoit, par exemple, de donnerun Traité exprès sur les parcs , pour la chasse en grand (Lieu V,chapitre XII ) ; mais cet objet ne concernant que les délices desseigneurs et les plaisirs des princes, ne lui sembloit pas si urgent.Au contraire , il regrette d’être si fort pressé , et de n’avoir pas leloisir d’ajouter au chapitre sur les diverses confitures , « l’appareil» journalier des vivres , pour monstrer, dit-il, à nostre mère de» famille , ceste partie de cuisine, tant requise à l’ornement de sa» maison (Lieu VIII, chapitre II). » Si Olivier be Sekresavoit eu le temps de donner cette cuisine économique, dont nousmanquons encore, Y Histoire de la vie privée des François seroit,à cet égard, et plus complète et plus utile.
Il promettoit un ouvrage plus important, dont on doit regretterla perte. C’étoit, comme il le dit lui-même, «1 eTraittéde l’Archi-n lecture rustique , pour donner des avis au père de famille , à» se bien bastir aux champs, selon le vrai art, avec commodité et» espargne : là , continue-t-il, où je n’oublierai, Dieu aidant, de
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