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ELOGE
» représenter la menuiserie requise à la maison , pour la meubler» ainsi qu’il appartient ( Lieu VIII, chapitre III).»
Il réservoit, enfin , pour un autre moment, ce qu’il avoit à direaussi « des moulins à moudre les blés ; du divers naturel des» pierres dont les meules sont faictes, selon les pays ; de leur arti-» fice , à eau , à vent, à bras. » Il vouloit donner , sur ce point,« à nostre père de famille, des pertinens avis, qu’utilement il pour-» roit employer , estant posé en lieu dont la commodité des eaux,» proximité et abondance des liabitans , favorisent cette espèce» de mesnage (Lieu VIII, chapitre I, article Pain). » En cela ,notre auteur pouvoit parler , d’après l’expérience , puisqu’il avoittrouvé moyen de faire au Pradel un canal imité , en petit, dufameux canal de Craponne, et que l’eau de son aqueduc finissoitpar se rendre à ses moulins ( Lieu VII, chapitre I ).
Tels étoient les écrits qu’il avoit préparés , mais qui n’existentplus. Olivier étoit trop âgé pour songer à les publier , quand lecouteau de Ravaillac l’eut privé de son protecteur; et si ses manus-crits passèrent à ses héritiers, ceux-ci, comme on l’a présumé ,ne purent pas en profiter. Quoi qu’il en soit , les titres de cesnombreux Traités, font voir que leur illustre auteur embrassoit,dans son étendue , tout ce qui a rapport au ménage des champs ; etc’est, en vérité, à peu de chose près , toute l’économie humaine.
Pour apprécier son travail, il faut le comparer avec ce qu’onavoit alors, je ne dirai pas en françois , mais en langue vulgaire,sur le même sujet. Ce parallèle sera fait, d’une manière plus savante,et pour toute l’Europe , par notre collègue Grégoire (*); je ne parleque de la France . Or, avant Olivier , que possédions-nous en cegenre ? Quelques ouvrages détachés , mal écrits et peu répandus ; eten fait de corps de doctrine, rien de satisfaisant : car, ni les versionsdes anciens Gèoponiques, ni les éditions gothiques des Pronjjitz
(*) Voyez , après les pièces annexées à cet Eloge , l’Essai du C. Grégoire , sur l’état del’agriculture à l’époque à? Olivier de Serres .