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Tome I.
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LII
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Ou lombre des forêts que leurs soins élevèrent,

Ou les pampres touffus que leurs mains cultivèrent !Quel magnifique dais , préparé pour les rois ,

Peut jamais effacer la verdure des bois ?

Quel luxe égaleroit les dons de la nature ?

Quel trésor peut valoir les fruits de la culture ?

De Serres , tu le sais, tu produis à nos yeux,Dun art nouveau pour nous leffet prodigieux.

Sous tes mains, aujourdhui, quels miracles étaleUn ver débile, enfant de lInde orientale !

Ce ver est, tour-à-tour , papillon , vermisseau ;Ainsi que le phénix , sa tombe est son berceau :

Il renaît de lui-même en ses métamorphoses ;Emblème merveilleux du changement des choses ,

Et de lordre éternel, qui sans cesse détruitCe quen le détruisant, sans cesse il reproduit.

Ce ver ourdit dun fil la trame précieuse,

Qui du pauvre occupant la main laborieuse ,

Va devenir des rois le plus riche ornement jMais lui-même , en ce fil construit son monument.De ce riche sépulcre il perce la barrière ,

Et sous une autre forme il revoit la lumière.

Il vole 5 il pond des œufs , son germe enfermé,Durant le triste hiver semble être inanimé ;

Mais dès quau doux printemps la nature séveille ,De ces œufs réchauffés, ô surprise ! ô merveille !Linsecte ressuscite. Il vit à peu de fraisDes feuilles du mûrier que tu plantas exprès.

Il vit , il recommence une trame nouvelle ,

Prolonge ainsi pour nous sa richesse éternelle,

Et seul des animaux, faisant toujours du bien,

Dans sa vie , à sa mort, il ne peut nuire en rien.Si, dans la France , un jour, le commerce déploieLes tissus somptueux quon doit aux vers à soie ,De Serres, cest de toi quil les aura reçus.

Que ton nom soit gravé sur tous ces beaux tissus !

ÉLOGE