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Tome I.
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ÉLOGE

Tu ne songeois quaux lieux qui tont donné le jour :Tu vis le inonde entier, pour orner ton séjour.

L e vallon de Tempé , fameux en Tliessalie ,

Tivoli , dont le site enchante lItalie ,

Ne sont pas au-dessus de ces lieux si charmans,

Qui te doivent encor de nouveaux agrémens.

Lheureux Pradel domine un beau vallon champêtre;Mais ses fruits sont entés de la main de son maître ;Mais ce pré verdoyant (dont son nom fut tiré)Darbres majestueux par toi fut entouré ;

Mais ces prés, ces vergers, ces jardins et ces plantes,Auroient craint du lion les ardeurs violentes,

Si ton art à leur soif neût prodigué les eauxDune source épanchée en mille frais ruisseaux,

Et qui, du haut dun mont, avec un doux murmure ,De cascade en cascade, en onde claire et pure ,Tombe, coule, serpente, et suit tous les cheminsQue, jusquen tes sillons, lui creusèrent tes mains.

Ce chef-dœuvre a sur-tout fait briller ta prudence.Maintenir la fraîcheur, cest créer labondance.Lagriculteur na pas de plus puissant moyen :Larrosement fait tout; sans eau, lart ne peut rien.Ce trésor te manquoit : la Naïade lointaineVit changer, par tes soins, le cours de sa fontaine.Son tribut, au Pradel si long-temps inconnu ,

Du domaine embelli doubla le revenu.

Tes champs désaltérés en tout temps prospérèrent ;

Tes bâtimens surpris dun vivier sentourèrent ;

Et, dans sa fuite encor, servant tes intérêts,

Leau fit tourner pour toi les meules de Cérès (1).

(1) Ici lon a tâché de peindre ce quOriviER de Serres sapplaudit davoir fait pourimiter , dans son domaine , lingénieuse invention du canal de Craponne « en la conduicte» dune petite eau perenne : laquelle , dit-il, passant à lentour de ceste mienne maison, ar-» rousema terre, et finalement se rend à mes moulins. Ayant lentreprinse au commence-