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De l’art de cultiver, maître simple et fidèle ,
De Serres, tu donnas la règle et le modèle.
Le modèle des rois est l’ami de nos champs.Henri, de ton travail sent les charmes touchans ;
Des tristes laboureurs il a connu les peines;
Il aime leurs vertus ; il veut payer les tiennes.
Malgré tes soixante ans, et quoique dans les coursLes vieillards au rebut soient mis presque toujours,Dans la sienne pourtant le grand Henri t’appelle :Elle est digne de toi; mais es-tu fait pour elle?Iras-tu, mon ami, laboureur fastueux,
Pour ce Paris si grand et si tumultueux,
Déserter du Pradel les paisibles ombrages,
T’arracher à tes champs , fuir loin de tes bocages,Quand notre- âge, épurant nos penchans et nos goûts ,Nous prescrit d’être en paix et de vivre pour nous ?L’homme se doit au moins la fin de sa carrière.
Ah ! de l’ambition la fièvre meurtrièreEst un vautour secret qui dévore le cœur.
Pourquoi rester en proie à ce vautour rongeur ?Mettons, mettons un terme à la gêne importune ;Disons, il en est temps : Adieu, vaine fortune !
Adieu, trompeur espoir ! illusions des cours,
Rêves de la faveur, laissez-moi pour toujours ! .
Tel fut cet empereur, jardinier dans Salone (1);
On eut beau le presser de remonter au trône :
« J’ai régné , disoit-il, je trouve bien plus doux» D’aligner au cordeau ma laitue et mes choux. »
Tel ce vieux courtisan, retiré dans ses terres ,
Ayant goûté sept ans leurs plaisirs solitaires ,