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Tome I.
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LVI
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M

ÉLOGE

Sécrioit à la fin : « Jai mal usé du temps ;

» Jexistai près dun siècle , et jai vécu sept ans (i). »

Heureux, trois fois heureux, docte et sage de Serres,Si du loisir champêtre estimateurs sincères,

De ce beau Languedoc habitans fortunés ,

Nous y vivons , contens de nos destins bornés ,

Savourant les doux fruits quune terre fécondeY prodigue à nos vœux, quand ton art la seconde,

Comme aux bords du Galèse, un vieillard autrefoisEgaloit par son cœur les richesses des rois (2) !

Que le marbre moderne, ou la sculpture antique,Nornent pas de nos toits le trop simple portique ;

Que nous ne logions pas sous des lambris dorés,

Quimporte ? Dun ciel pur nous sommes éclairés jNous ne connoissons pas le tourment de lenvie ,

Qui des grands de ce monde empoisonne la vie 5Nous ne redoutons pas le démon de lennui ,

Que le riche veut fuir et quil porte avec lui 5Nous ne descendons pas dans les basses intriguesQui des valets de cour font prévaloir les brigues.

A la table frugale nous sommes assis ,

Le luxe est étranger, comme les noirs soucis.

Mais aux banquets des rois , ce qui frappe ma vue ,

Cest lépée, en tout temps , par un fil suspendue ,

Et qui, parmi les mets sur la table entassés ,

Menace tous les fronts des convives glacés.

Cher ami, ton Pradel est ta cour et ton Louvre ;

Quelle scène riante à tes yeux sy découvre !

( 1 ) Similis avoit occupé, sous plusieurs empereurs , les premières charges de Rome .A soixante-neuf ans , il abdiqua la dignité de Préfet du Prétoire , pour aller vivre à lacampagne, il passa sept ans. Il lit mettre sur son tombeau : ci gît Similis , qui

A ÉTÉ SOIXANTE ET SEIZE ANS SUR LA TERRE , ET QUI EN A VÉCU SEPT.

( 2 ) Regurn nquabat opes animis. ( Virg. Georg. R. IV, v. i32. )

Non