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Tome I.
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LVII
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D’ OLIVIER DE SERRES .

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Non, jamais Saint-Germain, jamais Fontainebleau Ne te présenteroient un spectacle plus beau.

Va, tu n’as pas besoin de la pompe des princes.

Sous l’astre éblouissant qui luit pour nos provinces,

Au bord de tes ruisseaux , tu respires le frais ;

De-là , tu vois tes boeufs sillonner tes guérets ;

De tes arbres, tu vois, ô quel plaisir extrême îPendre les fruits exquis que tu greffas toi-même ,

Et des rangs de ta vigne en échiquier plantés,

La vendange sourire à tes yeux enchantés.

Voilà les seuls objets, s’il faut que je t’en croie,

Que l’on quitte à regret, qu’on retrouve avec joie.Lorsque l’ordre du roi t’appelle dans Paris ,

Quel chagrin ! quels adieux à tes bosquets chéris!

En sortant du Pradel, tu ne peux qu’avec peineQuitter tes beaux jardins, saluer ta fontaine.

En sortant de Paris , de quel pied plus légerTu reviens au Pradel et cours à ton verger (1) !

La fausse gloire, là, ne vend point de fumée ;L’ardente soif de l’or, là, n’est point allumée.

Ces viles passions, hôtesses de la cour ,

Au village innocent ne font point leur séjour.

Là , sans art et sans frais, ta table est toujours pleine :Jardins, cours et viviers, y fournissent sans peine ;

(1) Dans ce qu’on dit ici sur les agrémens du Pradel, on ne se permet point une fictionpoétique ; on se borne à traduire ce que nous ont transmis les écrivains du temps. Aprèsdeux siècles , on ne peut juger, par l’état actuel de ce même domaine, de ce qu’il pouvoitêtre alors. Cependant, on a sur ce point quelques détails intéressans, dans plusieurs N 05 , despièces jointes à cet Eloge. Il faut voir sur-tout, N°. VI, la Notice sur Olivier de Serres ,par le C.j Laboissière , le même qui accompagna M. Arthur Young . Il rapporte un distiqueconservé au Pradel, et qui renferme, en peu de mots , les diverses beautés que présentoitcette demeure , dans le temps d’O li vi erde Serres. Or, voici à-peu-près le sens decette inscription :

Champs, prés , vergers, vigne, forêt,

Eau courante , manoir champêtre ;

Au Pradel, tout est plein d’attrait,

Le séjour est digne du maître.

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