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PIÈCES RELATIVES
N\ I.
Extrait de l’Êloge historique d’ Olivier de Serres , par M. Dort h è s , qui a rem-porté, en 1790, le prix proposé par la Société royale des sciences de Montpellier .
Un homme dont la vie a été consacrée à Ins-truire sa patrie, non par des recherches frivoles,mais par des écrits lumineux qui présentent lesrésultats de ses méditations et de la pratiqueobstinée de la science la plus utile et 'a plus pé-nible , livrée avant lui à une aveugle routine etaux erreurs des préjugés , mérite , à bon droit,notre reconnoissance. Tel fut Olivier de Serres .
Un tel homme étoit bien digne que , dans saprovince, une compagnie savante proposât sonéloge, et qu’un de ses illustres membres , placéà la tête de l’agriculture en France (1) , en fûtl’instigateur. Une telle distinction honore sesauteurs, et achève d’illustrer Olivier de Serres .
J’ose entrer en lice et offrir à la mémoiredu patriarche de l’agriculture en France , unhommage dicté par la lecture réfléchie de sesouvrages , dans lesquels il s’est montré l’inter-prète simple et sublime de la nature , par laclarté et la franchise avec lesquelles il l’a ex-pliquée.
Puisse ce grand homme servir de modèle àceux qui voudront approcher du vrai, ennemidu verbiage et des manières ! Puissé-je moi-
(j) Le C. Broussonet, alors secrétaire perpétuel îlela Société royale d'agriculture de Paris .
même l’imiter en faisant son histoire , et m’at-tirer l’indulgence des sages qui me jugent !
Le beau ciel de Languedoc le vit naître ;Villeneuve-de-Berg fut son berceau : des parensnobles lui donnèrent le jour 5 sa seigneurie duPradel fut le lieu d’où il dicta ses leçons im-mortelles d’agriculture. HenriIV les accueillit,daigna en conférer avec lui de vive voix, et lesfit goûter à son peuple. Voilà le raccourci dutableau que j’ai à développer.
Olivier nous apprend lui-même que Ville-neuve-de-Bcrg, petite ville du Vivarais , en Lan guedoc , est sa patrie (1).
Nous ignorons l’année de sa naissance (2);mais je vois dans un de ses ouvrages , publiéen 1 6 o 3 , que plus de trente ans auparavant ilavoit employé l’écorce de mûrier à lier desgreffes ( 3 ) ; ce qui suppose qu’il est né vers lemilieu du seizième siècle.
On trouve au greffe de Villeneuve-de-Berg unegénéalogie de sa famille , à laquelle sont jointesdeux quittances en original du ban et arrière-ban , données en 1691 et 1692, à Constantinde Serres , arrière-petit-fils d’Onvita, et la
(1) Théâtre d’Agriculture. Paris , i6oo,in-fol., pageif5, ligne i3. Il appelle aussi le bourg Saint-Andéol ,sa patrie , page 699, ligne i5.
(2) Nous la savons. Voyez ci-devant, page xxxix.
(3) « Plus de trente ans auparavant, j’avoi emploié » l’escorce de tendres jettons de meurier blanc , à lier» des entes à escusson , au lieu de chanvre, dont coin-11 munément l’on se sert en tel délectable mesnage. »La seconde richesse du meurier blanc ; nouvelle éditionpubliée par M. Broussonet, en 1785 , à la suite desOpuscules de Belleval, page 10. (Note de M. Dorthès.)