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Tome I.
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PIÈCES RELATIVES

encore; 4°. son fils, Daniel du Pradel, y exer-çoit, en 1611 , la profession davocat.

Ce vrai Columelle françois, bien supérieurà celui de la république romaine , dit labbéRozier ( 1 ) , traça dune main savante les pré-ceptes de lagriculture , pendant les horreurs dela plus désastreuse guerre civile : cest le seulde nos écrivains agronomes qui ait ete véri-tablement praticien; je dois cet hommage à monmaître.

Cet élan dundisciple aussi distingué, les soinsque se donna, en 1789, le premier agriculteur deson siècle, lAnglois Arthur Young , pour décou-vrir la patrie d Olivier de Serres (a);la joie que lui causa cette découverte , la génu-flexion dont son enthousiasme salua la terreclassique du Pradel ; la confiance dHenri IV ,les éditions multipliées, dans toutes les langues,de son ouvrage; lestime dont il jouit plus enEurope quen France , plus en France que danssa patrie; le témoignage de deux siècles , enfin ,me dispensent dajouter un éloge à tant déloges.

Parmi les grandes améliorations dont son gé-nie bienfaisant enrichit lagriculture , on compteparticulièrement la culture du mûrier et lédu-cation des vers à soie.

Quelques François avoient rapporté de la con-quête de Naples , laffection de pourvoir leursmaisons de telles commodités ; ils se procurèrentdu plant de mûrier, quils logèrent en Provence et à Alan en Dauphiné (3) ; mais il paroît quecette précieuse culture navoit pas fait les progrèsque la France devoit en attendre.

Olivier de Serres , à la voix dHenri IV ,éveilla lémulation de ses compatriotes , en pu-bliant, en i5ç9 , V Art de la cueillette delà soie.

Un an après (4) , invité par une lettre quele roi, allant en Savoie , lui envoya par le baronde Colonces, il y apporta tant de diligence , quilfut conduit à Paris jusquà quinze ou vingt milleplants de mûriers, lesquels furent plantés dans

(r) Lettre de Rozier au C. La Boissicre. Lyon , 8 Mai1788.

(2) Voyage dArthur Young en France , tome II,page 39. Voyez ci-devant, page xxviij.

(3) Théâtre dagriculture, Lieu V, chapitre XV.

(4) Ibid. Voyez aussi, ci-devant, page xxxiij.

les jardins des Tuileries . En 1602, des lettres-patentes ordonnèrent la fourniture de tels plantsdans les quatre généralités de Paris , Tours ,Orléans et Lyon , de façon quil ne faut pasdouter que , dans peu de temps, par la conti-nuation de ces beaux commencemens, la France ne se voie rédimée de la valeur de plus de quatremillions dor, que tous les ans il en falloit sortir.Voilà le commencement de lintroduction de lasoie au cœur de la France .

Voilà les bienfaits de lauteur du Théâtred.Agriculture. On lui doit encore linvention defaire rouir et teiller les gaules sèches du mûrier,pour.en extraire du fil ( 1).

Cortice quin etiarn ex morifilamina ducis,Bombicina, sagax ignota industrius arte (2).

Ses préceptes , éprouvés par la pratique cons-tante quil en fit, et par celle que les agriculteursen font chaque jour, ont déterminé les écrivainsencyclopédistes à prononcer que le ThéâtredAgriculture quO livier de Serres pré-senta au roi en 1600, est encore le meilleur livreetleplus complet quon ait fait sur ce sujet, de-puis quil a paru ( 3 ).

Indépendamment de ce mérite , qui sera tou-jours réel, les amateurs de lancienne littératurepeuvent admirer la noble simplicité de son style,son érudition , lélévation de ses pensées , etcette douce philosophie qui sépare lhommevertueux de lagitation du monde , pour latta-

(1) Ibidem , Lieu V, chapitre XVI,

(2) Vers de Chalendar, au Théâtre d'Agriculture ,qui ont été rendus ainsi dans lÉpitre françoise :

Grâce à toi, du mûrier et lecorce et la feuilleEnrichissent deux fois celui qui les recueille.

Voyez ci-devant, page liij. (#).

( 3 ) Encyclopédie, in-folio, Supplément, tome I, aumot Agriculture . Cet article, rédigé par Béguillet,contient deux erreurs relatives à Olivier de Serres et à son ouvrage. Lauteur appelle Olivier , sire dePradines , et il dit quil dédia son ouvrage au roi, en1606 ( page 216); il ny a même pas en dédition publiéecette année-. Cette dernière erreur a été reportée parlabbé Eonnaterre, dans le troisième discours qui est entête du Dictionnaire d'Agriculture de l Encyclopédieméthodique, dans lequel il a donné lextrait du ThéâtredAgriculture (page 242 et suivantes). (H).

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