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Tome I.
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LXXVIII
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PIÈCES RELATIVES

On peut remarquer, cependant, que lépîtrede Chalendar , juge-mage , ou lieutenant civilde ce tribunal, adressée à notre Olivier,en i5g9, et qui récapitule avec le plus grandsoin tous ses travaux , tous ses mérites , ne ren-ferme pas un seul mot qui ait trait à cet exer-cice des fonctions judiciaires. Il seroit étonnantque le chef de ce tribunal, en louant un de sesconfrères , eût oublié précisément le trait quiparoissoit devoir rapprocher davantage lauteuret son panégyriste ; mais peut-être Olivier neprit-il une charge dans la sénéchaussée , qua-près lépoque Chalendar lui avoit adresséses vers.

Quoi quil en soit, jaimerois mieux voir dansnotre Olivier un grave magistrat, quun fou-gueux capitaine ; et la robe longue me semblebien plus analogue à ses goûts que la casaquemilitaire.

Lopinion commune est aussi quOnviER deSerres fut, pendant les guerres civiles , un cal-viniste très-zélé, ce qui le fit nommer, dit-on ,un des vingt-quatre Commissaires quune assem-blée des protestans nomma pour transformer lamonarchie en république, et ce qui engagea lescatholiques à brûler une partie de son château.Ces croyances vulgaires ne sont fondées sur rien,que sur un souvenir confus des horreurs quunfaux zèle a trop multipliées en France , et qui ontlong-temps rappelé lexclamation de Lucrèce :

Tantùm relligio potuit suadere malorum!

La première anecdote, celle des Commissairesou députés chargés par une assemblée calviniste,dorganiser la république, feroit aujourdhui peude tort à Olivier deSerres . Mais supposonsle fait aussi certain quil est douteux, la d ate quelui donnent les seuls écrivains qui en parlent ,est postérieure à la date de la mort dOLiviER.Celui-ci étoit expiré en 1619 ; et cest en 1621,que les jésuites accusent les protestans davoirvoulu changer la forme du régime et du Gouver-nement de France . Si donc les protestans nom-mèrent des députés républicains , et si parmi cesdéputés il y eut un de Serres , ce ne put pas êtreOlivier , puisquil nexistait plus.

Il faut se défier beaucoup de ces fraudes pieu-ses , par lesquelles chaque parti sefforce daltérer

lhistoire , pour inculper ses ennemis. Les Jé­ suites nommément en vouloient aux frères deSerres. Jean de Serres avoit, comme nous la-vons observé , publié plusieurs livres contrecette société ; et la compagnie de Jésus navoitpas emprunté de son divin modèle le pardon desinjures.

Quant à lincendie du Pradel par le ressen-timent du parti catholique, il paroitroit, daprèslaNotice du C. La Boissière, que cet événementneut lieu non plus quaprès la mort de notre au-teur, et contre un de ses fils. (Voyez ci-devant,page lxxiij. )

4 °. Sur la famille dO livier de Serres.

Ces contradictions et ces incertitudes régnentégalement dans tout ce qui concerne la posté-rité dÜLiviER. Aussi, nai-je point cru de-voir parler de deux de Serres , lun catholiquedistingué, et lautre, fameux protestant, dontjai trouvé la mention , mais sans pouvoir véri-fier sils descendoient, ou non, de notre illustreauteur.

Lun est labbé André de Serres , au bourg Saint-Andéol , diocèse de Viviers. Il fut généralde Saint-Ruf. Son éloge historique se trouve dansla Gazette de France , et dans un Journal deVerdun , de lan 1728.

Lautre , dont il est question dans le cha-pitre de Voltaire , du Calvinisme au temps deLouis XIV , étoit un protestant, qui joua ungrand rôle dans les tumultes des Cévennes.

« La première école de prophétie, dit Voltaire ,» fut établie dans une verrerie , sur une mon-» tagne du Dauphiné , appelée Peira. Un vieil» huguenot, nommé de Serre , y annonça la» ruine de Babylone et le rétablissement de-» rusalem. Il montroitaux enfans les paroles de» lécriture, qui disent : Quand trois ou quatre» sont assemblés en mon nom , mon esprit est>3 parmi eux ; et avec un grain de foi , on trans-» portera des montagnes. Ensuite il recevoit» lesprit ; on le lui conféroit, en lui soufflant>3 dans la bouche ; parce quil est dit, dans saint» Mathieu , que Jésus souffla sur ses disciples» avant sa mort. Il étoit hors de lui-même ; il33 avoit des convulsions , il changeoit de voix ,33 il restait immobile, égaré , les cheveux-