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Tome I.
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LXXXVIII
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Ixxxviij

ESSAI HISTORIQUE

taire de la Société patriotique de Milan (x) , et le vertueux Colloredo , dans sabelle Instruction pastorale } du 29 Juin 1782 (2).

L’ancienne Société d’agriculture de Paris comptoit un grand nombre de curésparmi ses correspondans les plus actifs , les plus éclairés } elle avoit nommédes Commissaires et approuvé leur rapport sur mon Mémoire concernant ladotation des Curés en fonds territoriaux ( 3 ) ; mais le délire de l’intolérancefoula au pied ce projejt , de peur qu’il ne fut utile à la religion, à la morale ,à l’indigence } et par - là fut tarie une source d’instructions favorables àl’agriculture.

Depuis Pallade jusqu’à la renaissance des lettres, on ne trouve guère d’au-teurs géoponiques que saint Isidore de Séville, Constantin Porphyrogénète ,qui fit recueillir par Cassianus Bassus ce qu’il trouva de mieux dans lesAnciens} Vincent de Beauvais , et Ebn-el-Awam, c’est-à-dire, un évêque,un empereur, un moine et un musulman.

Italie .

Le savant Muratori , dans sa XXI e . dissertation des Antiquités d’Italie ,fait des réflexions sur les maux que cause la guerre à l’agriculture. Sonpays ne l’a que trop éprouvé. Long-temps en proie aux factions , l’Italie sortoit à peine de cette lutte où la liberté , alternativement victorieuse etvaincue , combattoit le despotisme j les arts commençoient à reparoître surcette terre classique : un mouvement général, imprimé aux esprits, s’étendità l’agriculture , dont les procédés n’étoient qu’une science traditionnelle.

Venise peut se vanter , selon Mills (4) , que son Camille Tarello est lepremier homme de mérite qui ait écrit sur l’art rural, après la renaissancedes lettres ( 5 ). Mills auroit-il donc oublié ce Pierre de Crescens , citoyen deBologne , dont j’ai déjà parlé, qui, né en 123 o , voyagea pendant trente ansdans diverses provinces de l’Italie , pour recueillir tout ce que l’état de l’agri-culture présentoit d’intéressant ? Il consigna ses recherches dans un traité surcette matière } l’avoit-il composé d’abord en latin ou en italien ? c’est une ques-

(1 ) Il a imprimé à Milan , en 1778, un dis-cours pour faire voir l’utilité des pasteurs ,considérés sous ce point de vue.

(2) Touchant l’abolition des pompes reli-gieuses inutiles, l’exhortation à la lecture as-sidue de la Bible , l’introduction d’un recueilde cantiques en allemand , etc.

( 3 ) Cet ouvrage est imprimé. Les Com-missaires chargés du rapport, étoient deux sa-vans devenus depuis mes amis ; Broussonet ,qui arrive des Canaries , avec de nouvellesrichesses scientifiques , et Boncerf, qui a bienmérité de la France par ses travaux agro-nomiques , et sur - tout en publiant les In-convéniens des droits féodaux : l’écrit eut

l’honneur d’être brûlé en vertu d’un arrêtdu Parlement ; l’auteur échappa avec peineau supplice. Au commencement de la révo-lution , Boncerf, décoré de l’écharpe mu-nicipale , concourut à installer un nouveautribunal judiciaire dans l’édifice où l’on avoitprononcé l’arrêt qui sera à jamais la hontede ses juges et la gloire de l’auteur ; dansle même local, Boncerf, traduit depuis auTribunal révolutionnaire, y fut absous ; maisle chagrin l’a conduit au tombeau.

( 4 ) A new System ofpracticalHusbandry .London, 1767, in-8°. tome I.

( 5 ) Ricordod’Agricoltura. Venezia, i 56 j,in-8°.

tion