SUR L’ AGRICULTURE.
xciij
palmier et la canne à sucre (1). Il est question de cette plante dans un autrerescrit de Charles d’Anjou , premier du nom, sous l’an 1281, publié par leprélat de Canosa , Farges-JJavanzati (2).
Les Arabes inventèrent, dit-on, l’art de crystalliser le sucre j et, vers l’an1471 1 un Vénitien, si l’on en croit Pancirole, faisoit usage de ce procédé ( 3 ) jmais des monumens incontestables établissent l’antériorité de cette découverte.Farges assure avoir lu dans les archives de l’Hôtel de la Monnoie, àNaples , un titre de l’an 1242 , dans lequel un certain Pietro est désigné sousla qualification de Magister Saccherarius. L’historien Troyli assure qu’au-trefois on faisoit du sucre en Calabre ; et si, de nos jours , dit - fi , ce
f enre d’industrie est tombé, c’est que le sucre étranger nous est apporté à très-on compte (4)-
Le mûrier , également indigène dans l’état de Naples , fut cultivé sousRoger I, qui fit venir de Négrepont des ouvriers en soie. Ce travail devenulanguissant, fut ranimé par Charles II d’Anjou. La culture du mûrier, très-répandue dans la Pouille, vers le commencement du seizième siècle, y pros-
J )éra jusques vers le milieu du dix-septième. Alors des droits exorbitans sura soie nuisirent à cette branche de commerce.
Parmi les victimes du patriotisme, assassinées judiciairement à Naples en 1799,on trouve le célèbre Cyrillo qui, vers 1766, avoit découvert, en Sicile , lepapyrus ; quelques années après , on essaya, avec succès , d’en faire dupapier, qui n’avoit que l’inconvénient d’être d’un blanc livide : l’inventeurcherchoit les moyens de le perfectionner.
Il paroît qu’au seizième siècle la fécondité du sol de cette île n’étoit pasgrandement secondée par la main des hommes. Les contrées d’Italie les mieuxcultivées étoient alors la Lombardie , la Toscane , le Ferraroisj le Bressan, dontGallo disoit, quand il naît un Bressan il naît un agriculteur5 le Bergamasque,où les préceptes de Crescens étoient en honneur ; on y publia une édition nou-velle de Tarello; le Piémont, si riche en productions variées et en pâturages.L’avocat Lanzon soutient qu’annuellement il en sort quatre - vingt millebœufs ( 5 ).
En i 583 , le gouvernement de ce pays avoit fait des règlemens sages surles soies et sur le commerce des grains. Au seizième siècle , on y creusaun grand nombre de canaux, dont les eaux sont réparties aux cultivateurs avecune sagesse qui peut servir de modèle pour cette partie de la police rurale. Lechristianisme, qui intervient par-tout où il peut placer une bonne œuvre, stimulale patriotisme par des fondations pieuses et commémoratives. Dans diverses pa-roisses on acquitte des obits anciennement établis parlareconnoissance, en faveur
(1) Commentario sulla costituzione , deInstrumentas confîciendis.
(2) Dissertazione sulla seconda tnogliedel re Manfredi, in- 4 °- , page 84. Je doisà ce savant écrivain plusieurs autres indi-cations .